10/11/2009

Patriotisme, super-pouvoir et politique sécuritaire

Saint Nicolas, Brice et autre Luc, je me vois, enfin, rappelé à l’ordre des fidèles en succombant aux douces sirènes de la mère patrie sécuritaires. Ca m’a pris hier soir en apprenant qu’une de mes connaissances venait d’être la victime d’un odieux vol, celui de son scooter !

Même pas un beau, plutôt à ranger dans la catégorie vieux et moche, son Honda Swing. Et même parmi les Swings, le sien, de couleur marron-verdâtre avec beaucoup de kilomètres servait de référence dans le mauvais goût. Il s’est arrêté trente minutes, cadenassé son scoot moche et se l’ai, quand même, fait tiré. Trente minutes, en journée, en plein Paris, un deux roues immonde avec antivol au milieu de pleins d’autres motos, dorénavant je vis dans la peur. Les voleurs ne reculent plus devant rien.

Pas plus tard que la semaine dernière deux individus d’obédience voleur se sont même infiltrés dans les locaux hautement peu sécurisés de mon lieu de travail pour subtiliser le contenu des bureaux. Les types sont venus jusqu’à trois mètres de mon espace de travail avant de faire machine arrière de peur de se faire défoncer par JP, notre gardien de hockey.

Après cette expérience pour le moins traumatisante pour le faible humain que je suis, tout le monde n’ayant pas la chance d’avoir l’utilité un hockeyeur dans son service, je flippe ma race.

A la manière des héros américains, j’ai pourtant un super-pouvoir caché.

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Ah, ah mais quel vantard, ce type !

C’est pourtant vrai, je ne suis jamais bourré, jamais le moindre trou noir, jamais eu l’envie de nager nu dans une fontaine en plein hiver ! J’ai développé une résistance phénoménale à l’alcool. En revanche, après trois verres, je suis malade. Je passe directement de la case joyeux à la case je vomis sans passer par celle je fais n’importe. L’avantage c’est qu’on reste lucide mais si l’alcool te fait oublier certaines choses c’est peut être aussi pour ton bien. C’est un peu comme quand un enfant fait ses premières dents. La douleur est telle, qu’elle serait insupportable pour un adulte et que donc on l’oublie pour ne pas avoir à revivre ce traumatisme.

Je pense que c’est une affaire de cerveau, le mien étant la seule chose à peu près potable dans tout ce grand corps sans intérêt, il se refuse à lâcher prise et préfère pousser le reste de mon anatomie au bord du gouffre plutôt que de se déconnecter. Ce en quoi, finalement, je le remercie.

Evidement, c’est moins facile avec les filles. L’alcool ne jouant pas son rôle de désinhibeur social je continue à bafouiller, devenir tout rouge, regarder mes pieds mais j’y ajoute, en plus, la difficulté de ne pas vomir dans le décolleté de la demoiselle qui me fait face.

Si mes partenaires passées pensent que je suis un gentil garçon, bien élevé, qui ne cherche pas à les coucher dés le premier soir c’est uniquement par fourberie et surtout parce que je ne peux pas ! Les mouvements de va et vient propres à certaines pratiques intimes associés à l’effet de l’alcool me collent, à coup sûr, le mal de mer. Quoi de pire qu’un vieux relent de reflux gastriques entre deux mots salaces chuchotés à l’oreille ? Ce genre de comportement casse rapidement une relation aussi bien engagée fut-elle.

J’aimerai toutefois troquer cette capacité contre, par exemple, une force herculéenne. Pouvoir raconter sérieusement à mes potes que le dernier type que j’ai croisé en train d’essayer de voler mon scooter je lui ai fait manger ses clefs et lire dans leurs yeux ce soupçon d’effroi de l’histoire improbable raconté par le type qui est capable de tout.

Mais, sans aucun pouvoir utile, je suis à la merci du moindre escroc de peu de foi qui s’attaquerait à mes biens personnels. Je pense que je vais finir par acheter une chaine pour mon scooter.

Crédit Photo : Angelina

06/11/2009

Transports communautaires

Malgré l’arrivée de tonnerre mécanique dans ma vie, je prends encore le RER. De préférence je m’y rends les jours de grève, la dernière fois à cause d’une crevaison, aujourd’hui pour cause de voyage en train après le taf.

Dans l’ensemble les transports en commun ne me posent pas de soucis de conscience. Ils flattent même mon neurone écolo qui apprécie que, pour une fois, je m’intéresse à lui. Ils doivent toutefois répondre à certains critères plancher en dessous desquels je les trouve tout bonnement insupportable.

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D’abord limiter la densité de population au mètre carré. Ce n’est pas de la claustrophobie mais je suis comme Karl Lagarsfeld, je n’aime pas qu’on me touche. Devoir rester debout me gonfle et je ne parle même pas des compactages façon transports à bœufs. Cet entassement me rappelle systématiquement de mauvaises images de guerre qui me rendent mal à l’aise pour le reste de ma journée.

Ensuite, il me faut du calme, je trouve insupportable de devoir subir le bruit vocal ou musical émis par mes congénères humains. Comme je suis un sale con, j’ai élaboré une tactique presque infaillible contre les musiciens des rames de métro. Dés qu’ils rentrent dans le wagon je branche mon lecteur de musique portatif à la pomme que je mets bien fort de manière à couvrir les bruits émis par leurs instruments bas de gamme. Ensuite je me rapproche de leur concert de fortune et je commence à marquer le rythme. Evidement pas le leur, mais celui de ma musique. En général je tape du pied bien fort en mimant les gestes d’un batteur de Rock Band tout en fixant le groupe qui joue. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de jouer de la musique avec un métronome à contre temps mais ça augmente d’un poil la difficulté de l’exercice. Mon plus grand bonheur est quand j’arrive à leur faire prendre mon rythme ce qui rend leur performance encore plus inaudible que d’habitude, un bonheur. En général ils lâchent l’affaire après une station et passent au train suivant en me jetant des malédictions. Peut-être est ce lié au fait que je tombe en panne systématiquement les jours de grève ?

Enfin, et pour que je sois un utilisateur pleinement satisfait de son trajet, il faut que ça marche. Je ne demande pourtant pas grand-chose, juste que s’ils mettent des horaires c’est aussi pour les respecter au départ comme à l’arrivée. Combien de fois je me suis retrouvé bloqué en pleine voie, arrêté à une gare qui n’était pas la mienne, voir raté une gare car le conducteur, pour rattraper son retard, avait décidé de ne pas marqué l’arrêt ?

Etonnant, mais sur certaines lignes il existe des primes aux horaires. Evidement pas sur le RER, ça se saurait mais dans certaines lignes de métro ce qui rend le trafic plus fluide et professionnel.

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D’un autre côté, de bosser pour une déchetterie sous terre n’aide pas à valoriser ton travail. Le métro est une sorte de version en négatif de la ville. Si Paris est sale le métro l’est dix fois plus. En ces lieux les gens se comportent comme des animaux, ils chient, pissent, vomissent, crachent, se droguent, se battent et marquent leur territoire à coup de Posca. L’hygiène et la pudeur ont définitivement disparu de ces lieux et ce n’est pas les poubelles supplémentaires, l’armée de nettoyeurs ou les vigiles qui changent les choses.

Quelque soit les efforts fait par les services du métro ils seront vains sans une prise de conscience de ses usagers, car si le métro est ce qu’il est, c’est avant tout notre faute. Notre comportement en communauté est déplorable et à l’image de nos individualités sales et égoïstes.

Crédit photo : Scribex et Kylerconk

05/11/2009

De l’art de savoir rester beau et mort à la fois

Dans la série “rions un peu avec nos amis du KGB”, aujourd’hui le secret qui fut le mieux gardé du monde n’est pas forcément celui qu’on croit. Si on m’avait dit qu’un jour j’arriverai à placer rire et KGB dans une même phrase je ne l’aurai jamais cru.

Comme je l’ai déjà, il me semble, déjà expliqué, j’adore l’histoire mais je n’en retiens que les anecdotes, les petites phrases laissées en marges de nos manuels d’histoire. Les événements officiels je m’en cogne, tout le monde les connaît et sont souvent faux, aménagés afin de coller avec la vérité universelle pour les troupeaux de moutons que nous sommes. Moi je retiens les dérapages, les erreurs invérifiables qui semblent finalement plus réel et logiques que les tape à l’œil mise en scènes des rencontres diplomatiques entre dirigeants.

Projetons nous en 1918, Lénine se récupère deux balles de pistolet dans le corps qu’il va conserver pour le reste de sa vie. Vivre avec du plomb quelques centimètres de la colonne vertébrale n’a jamais améliorer la durée de vie.

S’il y a bien une chose que les dictateurs n’ont jamais vraiment acceptés, c’est de mourir. Par exemple, notre ami Fidel pourtant froid depuis bien un an ne s’est toujours pas résigné à l’admettre.

Le camarade Lénine se retrouve donc rapidement cloué dans un fauteuil. En 1920 les savants russes, surement fans d’Asimov, se dirent que se serait une perte considérable pour l’humanité si leur gagne pain venait à leur claquer entre les mains. Ils élaborent alors un projet top secret pour le cryogéniser en vu de le faire opérer et revivre dans un futur proche. J’imagine bien les Russes décongeler Lénine pour qu’il aille expliquer à Poutine ce que c’est le communisme et la gestion du pouvoir. Scénaristiquement parlant je pense que c’est quand même une piste à creuser…

1924 le vieux crève enfin, n’étant pas tout à fait au point avec les techniques de cryogénisation, les chercheurs décident, sous l’impulsion de Staline, d’embaumer papy pour en faire une statue de chaire et un symbole patriotique. Place Rouge, mausolée, tourisme… Lénine traverse le temps dans sa bulle de verre.

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Dernière photo de Lénine “vivant”

On passe maintenant directement en 1976, nouveau drame chez les communistes, Mao meurt aussi (décidément, pas de bol pour les dictateurs). Les chinois, jamais avare dans le repiquage des bonnes idées, se disent qu’ils vont aussi faire leur mausolée pour le petit père des peuples. A la différence des Russes, eux, ne s’étaient pas préparés à l’idée que Mao puisse mourir un jour et se retrouvent dans une course contre la montre improbable contre la putréfaction du corps du dirigeant politique, qui se désagrège comme n’importe quel autre être humain (pour quelqu’un de si exceptionnel, c’est un peu minable).

Paniqués à l’idée de perdre le corps, ils décident de demander leur aide aux Russes qui leur opposent une fin de non recevoir, à chacun ses morts. On frôle l’émeute au parti et la guerre avec l’URSS. Par manque de temps pour déclencher un conflit armé, les chinois décident d’envoyer un agent voler le secret de la conservation de Lénine. Voyez un peu la gueule du chinois à qui l’on annonce qu’il va devoir s’infiltrer en URSS en 1976. Déjà, physiquement, entre le rusckov et le chinois moyen y a un peu monde et je ne vous parle même pas de la résistance à la Vodka. Ca ressemble a une mission suicide mais les chinois ne sont pas à un agent près.

Bref, imaginons que le type c’est Arthuro Brachetti façon asiat’, il passe la frontière à fond de six, direction Moscou. Là, graisse des pattes, se fond dans la population, s’infiltre dans une base militaire russe sans gardiens car appelés pour un séminaire, tombe sur un coffre qu’on avait laissé ouvert dans lesquels se trouve sur un papyrus qui révèle comment conserver un corps. L’avantage de l’agent Chinois c’est qu’il ne se pose pas de question. Le gars rentre à Pékin est décoré, puis fusillé pour garder le silence, fin de l’histoire.

Sauf que depuis le début les Russes, ils n’attendaient que ça, le Lénine de la place rouge c’est un mannequin de cire, le vrai est surement perdu et congelé quelque part en attendant de se faire réveiller. Les techniques volées sont, au mieux, des théories ratées qu’ils avaient testées sur d’autres morts et, au pire, des faux. Les chinois, pris par le temps, ont commencés tout de suite le traitement du corps du dirigeant qu’ils ont fait gonflé façon noyé avant de le liquéfié. Quelques condamnation de croque-mort plus tard, ils ont trouvé le moyen de récupérer un bout de visage qu’ils ont reconstitués à la va vite sans pour autant réussir à bloquer le processus de décomposition. Aujourd’hui Mao est en train de pourrir tranquillement sous le regard impuissant du parti et sous celui très amusé des services secrets russes qui se sont laissé pillés pour le simple plaisir de détruire l’image de ce dirigeant emblématique.

Et après on s’étonne qu’ils ne s’aiment pas.

04/11/2009

Levis-Strauss, défunts et autres morts en devenir

Comme le disait Laurent Ruquier, mon comique préféré depuis le décès de Anne Roumanof, l’intelligence c’est le problème des autres. C’est donc surement en regardant une rétrospective des films de Vincent Perez que Claude Levis-Strauss nous a quitté en détestant encore un peu plus ce monde (c’était gratuit mais ça fait toujours plaisir).

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L’avantage d’avoir des lecteurs intelligents c’est de ne pas avoir besoin de retracer toute l’importance du bonhomme dans la culture de notre humanité. Même si vous n’avez rien lu de lui, vous avez une vague idée du structuralisme de l’ethnologie et tout ça. Je ne vous fais pas l’affiche, mais simplement rendons nous compte que nous sommes des exceptions, l’intellectuel ne fait plus recette.

Donc, en ce jour de deuil pour la moyenne de l’intelligence mondiale, je m’interroge sur la pertinence de nos grands quotidiens nationaux sur ce genre d’évènements. Non que je ne me réjouisse pas de voir Libé faire 13 pages sur l’un des plus grands penseurs de notre temps mais je me dis quand même 13 pages ! Pondues du jour pour le lendemain !

Alors que tout le monde tombe, le couteau entre les dents (oui j’ai toujours eu un faible pour le symbolisme communiste), sur Yann Moix pour avoir torché un livre sur Mickael Jackson en une semaine personne ne s’offusque de voire Libé consacrer, je ne sais combien de mots, pour Claude Levis-Strauss dont les trois quarts de la population française ignoraient jusqu’à son existence la semaine dernière.

Mickaël Jackson est certes le type qui a vendu le plus de disque au monde. Il a réussi le tour de force de fédérer autour de ses goûts musicaux la majorité de la population mondiale. Il a donné une forme d’uniformité culturelle positive à la musique, ce qui, au vu de nos différences culturelles, fut un réel exploit. Mais, au-delà de ses compétences il ne reste qu’un artiste, aussi excellent fut-il dans la maîtrise de son domaine.

Alors, autant je pense que se tartiner 80 pages sur un chanteur de pop en une semaine, quand on n’a que ça à foutre, n’est pas exercice très compliqué pour qui en a un minimum l’habitude, autant 13 pages d’un quotidien national en 24 heures sur une icône de la philosophie moderne me parait plus suspect.

Et là, j’ai peur d’envisager ce qui semble pourtant s’imposer comme une évidence. Certains journalistes doivent être dédiés aux nécrologies d’anticipation. Les mecs ratissent le who’s who en quête des années de naissances les plus anciennes pour préparer leur papiers en prévision de la mort desdites personnalités.

Prenons un cas probable, Giscard 1926, 83 ans, toutes les bonnes rédactions ont forcément déjà dû préparer leur papier attendant la bonne heure pour tout balancer sous les rouleaux de l’imprimeur.

L’emmerdant de genre de pratique, c’est pour les jeunes. Tu peux avoir inventé le traitement contre le cancer, si ta nécro elle n’est pas prête, tu te retrouves avec 15 lignes en page 30, à l’image de Filip Nikolic mort dans des circonstances mystérieuses et dont tout le monde se fout.

La mort de Levis-Strauss m’amène aujourd’hui à m’interroger sur le bien fondé du « live fast, die young » si chère à notre regretté James Dean. Comme de toute façon je suis dorénavant trop vieux pour être jeune, pour ma propre postérité, je pense revenir sur certains de mes fondamentaux et finalement m’appliquer le principe du « live slow, die old ».

Crédit Photo :  Scott Ableman

03/11/2009

Bisounour’s Day

Ne me stressez pas ! Aujourd’hui c’est bisounour’s day et ça m’angoisse. La gentillesse m’inquiète car elle engendre la méfiance. Dans nos sociétés modernes la gentillesse est considérée comme une faiblesse car elle est le moment où l’on baisse sa garde.

A force considérer la vie comme une lutte permanente, on se retrouve à utiliser des métaphores guerrières pour décrire un sentiment, quelle misérable petite chose que la conscience du soi.

Il y a donc ceux qui profitent de l’ouverture et foncent pour t’envoyer un bon direct. Non par méchanceté mais par réflexe. On devient tellement habitué à être le destructeur de son prochain qu’au plus petit signe de faiblesse, on lui fait cracher ses dents.

Après il y a les fourbes, ceux qui te font croire à la gentillesse pour, au choix, endormir ta vigilance et te tarter la tronche ou pour mieux te coincer si tu essayes de t’engouffrer (exemple type : le sud-esteux ; et non je ne généralise pas).

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Sans vouloir m’appesantir sur mes propres tares en la matière, je fais, aujourd’hui, amende honorable et je ne dirai du mal de personne. Même Beigbeder, qui pourtant mériterait bien son petit coup de griffe, ne pourrait être, aujourd’hui, tenu responsable des actes qui lui sont reprochés. Comprenez-le, c’est avant tout une victime. D’abord un martyr de la drogue, cette poudre qu’il se doit de consommer du soir au matin afin de pouvoir faire face à toutes les responsabilités et la pression qui sont siennes. Il faut dire que ça ne doit pas être évident d’être un écrivain qui vend des millions de livres et qui, à chaque nouvelle publication, est attendu au tournant, par des hordes de jaloux (dont je fais parti) qui te dézinguent sans même avoir lu le moindre mot de ton ouvrage. Les plus sensibles crèvent de ce genre de chose, regardez Mickael Jackson.

Il m’arrive, c’est vrai je dois le reconnaître, de me trouver injuste vis-à-vis de certaines personnalités que je critique sans même les connaître. Imaginez quelques secondes la vie d’un politique qui ne peut pas ouvrir la bouche sans se faire traiter de cruche (qui a dit Ségolène Royal ?). Au bout d’un moment, ça énerve de se faire traiter de con par plus bête que soi (c’est qui qu’à fait l’ENA ici ? Le bouseux du salon de l’agriculture peut-être ?), et on s’étonne qu’ils abusent de leur pouvoir ? Mais moi à leur place, je passerai mon temps à essayer de me venger de gens comme moi.

Donc, aujourd’hui, en ce bisounour’s day, j’ai une pensée émue pour tous ces gens qui passent leur temps à faire de ma vie un enfer et qui me donnent l’inspiration suffisante pour cracher mon venin de pixels. Qu’ils soient politiques, écrivains, éditeur, fournisseur d’accès internet, opérateur de téléphonie mobile, banquier, religieux en tous genres, agent de la sécurité sociale, professionnels de la santé, mes voisins, Georges le Yéti ou Pascal Nègre, sans vous je ne serai qu’un vulgaire gratte papier, pigiste aux faits divers de la Nouvelle République de l’Ouest.

Depuis que je vous connais ma vie rayonne chaque jour de son lot de nouveautés et d’absurdités, à la fois sel et piment de mon existence vous avez su vous imposer comme des valeurs sûres et stables de la connerie humaine.

Grace à vous je peux laisser libre cours à la joie qui est mienne d’écrire sans garde fou sur ce blog que vous ne lirez, sans doute, jamais.

30/10/2009

Les années 50′, la presque décennie

Avez-vous remarqué à quel point dans les années 50’ nos ancêtres avaient presque inventé les choses. Par exemple, ils avaient presque inventé la télévision sauf qu’elle n’était pas couleur, ils avaient presque inventé le traitement de texte, sauf qu’il manquait l’écran et qu’on appelait une machine à écrire électrique. Je vous passe rapidement le téléphone portable et son fil de 15 mètres extensible, les sports d’hiver sans remontés mécaniques, le baladeur cassette de vingt kilos, le design sans la beauté, la prévention routière sans ceinture de sécurité (James Dean si tu me lis…).

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Les années 50’ sont les années du presque, en même tu t’en fous tu n’y étais pas, me direz vous, c’est vrai ! Sauf que, parfois, certaines créations des années 50’ traversent le temps et arrivent jusqu’à nous sans qu’on s’en rende compte. La preuve dans le bâtiment, certains immeubles ont miraculeusement tenu au-delà des années 2000 pour arriver jusqu’à nous. Et nous, génération du fini, on ne se méfie pas du presque. On achète ce qu’on pense être un appart’ qui se révèle être un presqu’appart’.

Les différences sont subtiles mais n’en sont pas moins nombreuses. Dans un presqu’appart tu as cinquante matériaux différents pour un même mur qui transforme l’amateur du bricolage que je suis en explorateur géologique à chaque utilisation de ma perceuse (oui, j’ai une perceuse, honte sur moi). Chaque nouveau cadre en une aventure dans laquelle tu ne sais jamais si le mur va te tomber sur la gueule ou si c’est ton foret qui va exploser.

Dans un presqu’appart tu n’as aucun angle droit mais ça on savait déjà car, à l’époque, ils n’avaient que des presqu’équerres. Mais, en plus, tu n’as aucun mur droit. Tu pensais que depuis la tour de Pise ils avaient inventé le niveau, et bien non ils avaient des presqu’niveau et des presqu’fils à plomb qui étaient presque droit. Mais il faut dire qu’à l’époque ils s’en foutaient car ils avaient des presqu’meubles qui gondolaient tout autant que leurs presqu’murs et qui donc ne dénaturaient pas l’ensemble. Nous, les modernes, on a connement inventé Ikea et les meubles droits avec des angles tout aussi droits qui ne passent jamais dans ton presqu’appart’.

Mais ça on peut encore s’y faire, rien de dramatique, le presqu’appart’ répond quand même à certains critères modernes, il y a l’électricité, l’eau courante avec des presqu’lavabos posés généralement quarante centimètres trop bas. En revanche, il passe complètement à côté de certains critères qu’on estime bêtement normal comme l’isolation. Le côté communautaire de la chasse d’eau de ton voisin du dessus c’était peut être sympa en 1950 mais en 2010 ça revêt rapidement un côté pénible. Mais on s’adapte un peu, après tout, on n’est pas des monstres et, à part l’architecte de cette merde qui mériterait qu’on le pende par les couilles en lui faisait écouter Corynne Charby en boucle pour lui apprendre ce que c’est que la souffrance par le bruit, les gens autour n’y sont pas pour grand-chose (Georges* mis à part).

Sauf que, dans un presqu’immeuble dans lequel si tu fais tomber un coton-tige au sixième ça résonne jusqu’au premier, tu as TOUJOURS un  résident qui fait chier (Georges étant un yéti  il ne compte pas). En ce moment c’est le vieux muet du troisième. Comme tous les vieux il est insomniaque (pourquoi les vieux ça ne dort pas ?) il se lève donc vers les cinq heures du mat’ et va se balader à partir de six. Jusque là, je m’en fous ! Le seul petit souci c’est que le type, il a un chien, une espèce de petit bâtard avec des poils qu’on ne différencie d’un micro de journalistes qu’à la perche qu’ils ne lui ont pas fourré dans le cul. Que son putain de chien il fait des crises d’angoisse dès qu’il est tout seul et que ce gros con du troisième, quand il part se balader à six heure du mat’, il y va tout seul et que sont chien hurle à la mort jusqu’à son retour. Que dans mon presqu’appart, j’ai l’impression que son cabot il est dans mon salon et ça me donne des envies de meurtre ! Et une envie de sang à six heures du mat’ tu peux être sûr qu’elle ne me lâche pas de la journée.

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Aux grands maux les grands moyens, Elisabeth est allée courageusement défier le monstre et laisser un mot sur la porte dudit vieux. Ma seule crainte maintenant est qu’il ne sache pas lire. Comprenez moi, le mec est tellement vieux qu’il a dû connaitre les années 50’, je crains que se soit un presqu’humain, le genre à qui il manque des fonctions. Déjà qu’il est muet, si en plus, il n’a pas pris l’option lecture on est super mal.

28/10/2009

Religion, médecine et effets indésirables

Notre espérance de vie dépasse aujourd’hui allégrement les trente trois ans mais notre corps ne l’a pas forcément bien compris. Il faut dire qu’avant, pour fêter tes trente trois ans, tes potes italiens te foutaient en plein vent, en slip, attaché sur une croix avec des clous non stérilisés. Là, t’étais bon pour te chopper la première saloperie qui passait et crever comme une merde. A l’époque, le piercing c’était un peu hardcore et les contrôles n’étaient pas aussi stricts que maintenant.

Bon, après, les autres, ils se sont bien vengés sur les italiens en leur collant un pape à Rome histoire qu’ils n’oublient pas trop vite que c’est le hippy qui les a quand même tous niqué. Il faut dire qu’il a fait fort avec son buzz sur la résurrection, et ça, sans même avoir de compte facebook, chapeau l’artiste !

Bref, tout ça pour dire qu’à partir du moment où tu passes les trente piges, tu fous le doigt dans l’engrenage infernal du corps médical (notez toute l’ironie de cette expression), ce qui t’emmène au moins une fois par mois chez un gars dont tu ne soupçonnais même pas l’existence de sa spécialité un an auparavant.

Pour la dernière en date, j’y ai mis un peu du mien. Je me suis écrasé les cervicales façons bretzels émiettés. Outre le fait de découvrir, à cette occasion, que j’avais un certain talent pour imiter robocop, j’ai aussi pu tester l’ostéopathe. Objectivement c’était ça ou la minerve kafkaïenne, beige, sale, le look ou la vie, j’ai choisi !

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Me voilà donc dans la salle d’attente d’un gars qui a des posters de colonnes vertébrales sur ses murs ! Alors que tu essayes de te détendre dans cette ambiance particulière te vient quand même à l’idée de savoir chez quel genre de malade on peut bien vendre des posters anatomiques ? Même sur ebay on n’en trouve pas !

Mais tu as mal alors tu pardonnes et tu prends petit à petit conscience, au milieu de ces colonnes vertébrales tapissant l’espace clos dans lequel tu te trouves, qu’il y a seulement deux milles ans, tu aurais peut été abandonné par ta meute tel le gnou pour t’avoir foutu le cou en mode tétris et que tu serais mort sous les griffes du premier raptor venu.

T’avais pourtant bien dit aux autres que c’était une connerie de vouloir se foutre debout à la manière d’un suricate. Mais bon, comme d’habitude, personne ne t’a écouté et tout le monde a voulu en faire qu’à sa tête ! Et maintenant ça se plaint d’avoir des problèmes de dos. Je vous préviens, faut pas essayer de venir pleurer sur mon épaule !

Bref, tu douilles ta race, tu ne peux plus regarder ni à gauche, ni à droite, ni en l’air et c’est pile à ce moment que ton cerveau décide de se barrer façon club-med pour une cure de repos te laissant seul avec tes délire de schyzo.

L’ostéopathe, qui n’a pas grand-chose du psychopathe (à par peut-être les posters cf. supra), est un type qui s’est fait une spécialité de te faire passer le mal de dos. Enfin, dans mon cas, c’est plus le cou mais ça marche aussi (surtout chez les autres parce que chez moi ça n’a pas changé grand chose). Il a certes un nom bizarre (c’est un critère déterminant chez moi) mais il est plutôt sympa, pas trop étrange (ce qui me change de mes spécialistes habituels) si on excepte le fait qu’il joue du piano sur ma cage thoracique pour me soigner un torticolis.

Je ne sais pas pour vous mais chez moi il suffit qu’on me dise « décontractez vous, faites moi confiance » pour que je me crispe en mode boule de nerfs. La médecine je lui fais confiance jusqu’à la limite du périmètre de ma personne. Tant qu’elle s’occupe des autres ça me va, mais dés qu’elle commence à s’intéresser de trop près à mon cas je m’inquiète. Il faut dire que j’ai mes raisons. Je suis un peu le beta testeur des effets indésirables. Même ceux qui ne sont pas marqués sur la boite je les choppe si bien que certaines notices comportent la mention « dans un cas sur six milliards six cent millions » grâce à moi.

Et puis je me dis que finalement le problème n’est pas tant de mourir que de réussir à vieillir sans l’aide des médecins pour la moindre connerie.

Crédit Photo : Podknox

23/10/2009

NKM ou l’artistique au service de l’image et du pouvoir

Après une longue hésitation de dix bonnes minutes j’ai quand même décidé de dire du mal de Nathalie Kosciusko-Morizet (qu’on va nommer NKM par facilité et pour le référencement) et me mettre toute la profession à dos. Car dans le petit monde du web, autant tout le monde détestait Christine Albanel, moi le premier mais vu que je n’aime personne ça ne compte pas trop, autant NKM dispose d’une aura intouchable d’irréprochabilité.

Je pense que c’est son côté maîtresse, un étrange mélange de Sandrine Kiberlin et de votre institutrice de primaire. Même si elle donne des punitions, on l’aime bien la maitresse et on lui fait quand même un collier de nouille à la fin de l’année. Enfin, pour le collier de nouilles, je soupçonne surtout les parents de vouloir se venger des cadeaux pourris que leurs rejetons ont concoctés à l’occasion des sempiternelles fêtes des fleuristes mères. NKM c’est un peu la maîtresse du gouvernement on la trouve tous gentille, douce, un peu étrangère au casting et compétente.

Bon, je veux bien tout ce qu’on veut mais laissez moi bouder en paix la liesse populaire autour du phénomène NKM. En tant que fils d’instit j’ai, depuis ma naissance, développé mon propre auto-immun du syndrome maîtresse gentille et son pouvoir glisse sur moi tel l’eau sur la peau d’un dauphin requin (vive les métaphores).

Je ne goûte que très peu au consensus qui se dégage autour de cette personnalité et la première raison en est que je le trouve louche. Louche, parce qu’en politique tout est faux, que derrière cette image il y a une horde de conseillers en communication et que chacun y joue un rôle. Sarkozy le dit suffisamment à tous les acteurs qu’il rencontre « on fait un peu le même métier ». Rien n’est laissé au hasard et encore moins quand il s’agit d’engager Lâm pour faire les photos et Colorz pour la chartre graphique de son site internet.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, le premier est la personnalité la plus en vogue du web. Lâm il est cool, il a un job de rêve (mannequin-journaliste teckniart-photographe-testeur de jeu vidéo…), une vie parfaite, il est beau, intelligent et talentueux (et je le pense, ses photos, dont celles NKM, sont vraiment très belles), et en plus il est de gauche !

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Colorz se sont les potes de Lâm, colloc de bureau, ils sont cools, jeunes, dynamiques, ne comptent pas leurs heures et ont même relooké le journal du geek, référence en matière en matière de bon goût technologique. Après, artistiquement parlant, je ne partage pas tout à fait leur goût pour les couleurs criardes et agressives mais je n’aime pas non plus Daft Punk. Ils correspondent à une certaine image de cette droite dynamique et décomplexée, souvenez-vous, travailler plus pour gagner plus.

Ben oui, de droite ! Car s’il y a un point qu’on oublie un peu vite c’est que la communication politique, à l’image d’une entreprise, est une forme de promotion. Que NKM, tout aussi sympathique qu’elle laisse paraître, fait partie d’un parti politique, une machine bien huilée à gagner des élections. Que dans ses convictions, si on les estime un minimum en accord avec l’histoire de son parti (dont elle est numéro 2, dixit elle-même), il y a l’exclusion des étrangers, la méritocratie, la fermeture des centres sociaux, la baisse des cotisations retraites au profit de l’épargne privé, idem pour la santé, la main invisible, le fordisme et Adam Smith.

Gloups ! Ben non, c’est pas possible elle est gentille la maîtresse. Elle est peut être gentille mais elle n’aime pas les pauvres. C’est pas grave, y a pleins d’autres gens qui n’aiment pas les pauvres et même des gens de gauche, c’est pour dire !

A l’usage de ceux qui n’ont jamais lu, « la politique for dummies » ; il y a deux grandes familles politiques qui se distinguent par deux grands principes économiques. La droite et la gauche ce n’est rien d’autre qu’une opposition idéologique aux méthodes de gestion de l’argent. La dérèglementation de l’économie d’un côté (oui l’anarchisme est un concept de droite mais j’y reviendrai un jour) contre la régularisation et la captation des richesses en vue de leur redistribution de l’autre.

Aujourd’hui la politique est devenu un spectacle, un amusement populaire qui essaye au mieux, et avec une certaine forme de réussite, à camoufler se qu’elle est vraiment (un système de gestion économique). NKM n’est bien-sûr qu’un pion de ce grand jeu mais elle répond aux mêmes règles que les autres, le culte de l’apparence et le travail de l’image, le garder en tête avant d’émettre une opinion sur un politique me parait indispensable. Grace à une communication habile, NKM a su passer au travers les goutes avec talent et la mise en place de son site, plus artistique que politique, ne fait qu’accroitre cette popularité et gommer un peu plus son véritable rôle de décideur politique.

PS : Crédit photo par Monsieur Lâm Hua pour NKM (tous droits réservés que j’ai même pas le droit de mettre cette photo ici mais Licence Creative Commun et que je trouve pourtant bien jolie)

21/10/2009

Veille Politique

Comme j’ai encore oublié ma super idée de thème qui allait me rendre riche et célèbre, je vais donc vous parler d’autres choses. J’aurai bien commencé par un petit coup d’actu mais, franchement, la réforme des entités territoriales, on a fait plus bandant.

Bon, l’avantage, c’est que ça a fait sortir la gauche de la rue de Solférino. Maintenant on sait qu’elle encore vivante. Le PS c’est un peu le Fidel Castro français, personne ne sait dans quel état on va le trouver. Il aura fallu attendre qu’on touche au sacro-saint découpage électoral des circonscriptions et donc au gagne pain de nos hommes politiques pour les entendre râler.

Finalement, on critique la SNCF mais les hommes politiques ne sont pas meilleurs, dés qu’on touche à leurs acquis territoriaux ils grognent. Le seul hic c’est que les cheminots nous sont plus utiles que les politiciens et que, par voie de conséquence, leurs grèves ont tendance à plus nous emmerder que les coups de griffes médiatiques de nos représentants.

Politiquement, on vit quand même une époque étonnante. Prenons le cas, au hasard, d’Eric Besson. Je n’ai pas souvenir, de ma carrière d’activiste, d’avoir jamais vu un type changé de famille politique pour finir ministre (mise à part entre droite et extrémisme mais ça ne compte pas car on sait tous que c’est pareil).

Et Julien Dray, mon Juju, qui vient nous la jouer pleureuse à la télé façon estropié roumain au feu rouge pour quelques comptes douteux à la MNEF. Le Julien qui se découvre un soudain élan de sympathie pour le Petit-Jean. Julien, toi qu’on appelait Juju le Fou à l’époque de la LCR avec ton chèche et tes pavés dans les manifs coco, te voilà à défendre la promotion filiale des rejetons du roi. Ce jour là, mes oreilles ont pleuré du sang.

Et la palme d’or pour Villepin devenu l’opposition à lui tout seul. Il a vu la place libre et s’y est trouvé bien. Suffirait plus qu’il devienne socialo et on fini d’achever papy Keynes définitivement.

Moi, j’ai jeté l’éponge, trop d’honneur surement, le combat ne fatigue que les gens de foi.

PS : Promis, la prochaine fois, je me casse le cul et cherche une image pour illustrer.

13/10/2009

Du jeune, de la fringue et du sexe dans ses rêves

J’adore ces jeunes chevauchant à deux sur un scooter 50cm3, collés tel deux crapauds libidineux montés sur la même grenouille (je laisse le soin aux fans de Garulfo de me jeter la première pierre). Ils ont généralement des goûts sûrs aimant particulièrement les fringues chères et surtout voyantes. Ils aiment les maillots de foot (vous savez combien ça coute un tee-shirt de footeux ?), les joggings satinés (équivalent masculin du legging) et les baskets americano-chinoises sponsorisées par les droits-de-l’enfance-je-m’en-torche.

Ces magnifiques chaussures réalisées à 2 euros pièces par des enfants et vendues 150 à des jeunes crétins qui confondent être et avoir. Il faut dire que dans une société où porter une barre de fringue sur soi, fait de toi un candidat idéal au concours de l’homme le plus classe du monde, il y a de quoi susciter certaines envies. Mais le jeune en scoot à une autre idée du luxe et là où nous, salaries-man décérébrés, aurions tendance à nous habiller en costars sur-mesure, le jeune, lui, s’évertue à acheter du criard, doré qui brille du genre ” je fais du sport mais devant ma télé”.

Car là où nos équipementiers sportifs ont fait forts, c’est dans le fait de faire cohabiter prix et performance. Ils ont réussi le tour de force de faire croire à la majorité de la population mondiale que pour réussir à sauter comme Jordan il suffisait d’acheter ses chaussures. Dit comme ça, on flaire la blague de potache mais en réalité ça marche ! Imaginez un peu le big-board de chez Nike qui, après une soirée à s’enivrer au champagne, se dit  “tient si on tentait de faire croire à tous ces cons qu’on vendait des fringues magiques“. Et un autre qui enchérit  “ouai et que y aurait même plus besoin de bosser pour devenir une star !“. En deux phrases ils venaient d’inventer le merchandising moderne et la télé-réalité ; jackpot !

Pour en revenir à nos jeunes en scooter et leurs fringues moches et chères, avez-vous remarquez qu’en plus du bon goût vestimentaire ils avaient une propension  à surévaluer leur pouvoir de séduction ?

- Putain théma (oui, se sont des fans d’arte qui s’ignorent) les deux tepu là-bas !

- Hé les princesses ! Wo ! Hé, wo ! Wo, hé, wo (oui je sais c’est lourd mais je ne suis que le rapporter) ! Princesses ca vous dirait de prendre un verre ?

Je m’interroge sur ce qui pousse les hommes (surtout venant d’un mec dont le pénis est si proche de l’anus de son voisin de selle) à considérer ouvertement les femmes comme un simple moyen d’assouvir leurs désirs. Il y a bien sûr l’image de la mère, sorte d’esclave moderne juste bonne à s’occuper du foyer et de la reproduction mais ce ne peut être la seule raison. L’éducation que reçoivent certains petits garçons ne peut y être étrangère. Ceux qui sont considérés comme des rois, qu’on estime naturellement plus que leurs sœurs, et qui arrivent dans une société hautement concurrentielle ne peuvent être préparés à ce choc de se trouver face à plus beau, plus fort qu’eux et il en résulte une violence intérieur  et un désespoir… Stop aux excuses !

De manière plus pragmatique, la majorité des hommes sont des animaux (les porcs étant trop civilisés pour être comparés à eux) et réagissent comme tels. Un peu à l’image du chien qui fourre sa truffe entre les pates arrière du premier venu pour savoir s’il y a une ouverture.

Si la méthode de drague n’est pas subtile elle a, au moins, le mérite d’être limpide. Je trouve d’ailleurs presque dommage qu’on s’évertue à perdre du temps avec le fait de “boire un verre” mais j’imagine que c’est ce qui nous élève au rang d’humain (le haut de la pyramide alimentaire toussa). C’est vrai, j’exagère légèrement, mais s’il y a des gros lourds pour se prendre 200 refus dans leur journée c’est qu’il doit bien exister un pourcentage non négligeable de réussite.

- Excusez-moi Mad’moizelle, vous correspondez tout à fait à mes critères de beauté en terme de copulation, vous voyez comme je ne suis pas difficile, est ce que ça vous dirai que je vous monte pendant cinq minutes ?

- On peut faire ça ici ? Je me penche sur la poubelle se sera plus facile et dépêchez-vous, j’ai un rendez-vous avec une double péné à suivre.

J’assimile pourtant ce genre de comportement à du racisme. Prêter des intentions à une femme au prétexte de sa façon de s’habiller, de son physique ou simplement de son état de femme est une forme de racisme n’en déplaise à mes connards en scooter qui s’en disent pourtant régulièrement, et surement à raison, victime.