08/02/2010

La vengeance de ma cuisine

Suite à mon précédent article, ma cuisine a décidée de se venger en passant de la défiance au complot.

Paris le, 08/02/2010

Objet : Réclamation

Madame, Monsieur Le Directeur,

Je viens vers vous suite au diner au restaurant « MYSTERE » de Paris samedi 6 février. J’ai tenté de vous envoyer un mail sur XXX@XXX.com mais celui-ci ne fonctionnant pas, je vous adresse donc le présent courrier.

Nous sommes venus dans votre établissement à six (dont le DG de steaw-webdesign.com et ouai je connais du monde qui claque sa mère à la binette), samedi dernier (réservation au nom de Bidule). Nous avons, en premier lieu, dû attendre 30 minutes entre le moment de la prise de la commande et notre entrée. Les autres tables, arrivées après nous ont été servi avant et, quand nous avons demandé des explications, la serveuse nous a mentionné que nous avions été simplement « oublié » par les cuisines. Soit, j’admets que ce genre d’erreur puisse arriver exceptionnellement, j’ai simplement trouvé dommage qu’il n’y ait pas eu de geste commercial en compensation de cet oubli comme un apéritif offert pour nous faire patienter.

Mais là n’est pas le plus grave, sur les six que nous étions trois d’entre nous (dont je fais parti) ont été malades au cours de la nuit de samedi à dimanche. Nous avions, étrangement, pris tous les trois la pièce du boucher et avons souffert de crises intestinales. Pour une addition à plus de 100€ (six menu complets du soir + une bouteille de vin) nous aurions pu espérer trouver dans votre restaurant des produits de qualité qui ne nous rendent pas malade.

Nous attendons, bien évidement, la prise en compte de notre réclamation ainsi qu’un retour commercial de votre part. Nous restons dans l’attente de votre proposition de dédommagement.

Cordialement,

Antoine,

Bloggeur vaguement influent de http://leshumeurs.wordpress.com

Pour l’instant, beau joueur, je ne donne pas les coordonnées dudit restaurant. On attends la suite.

04/02/2010

Cuisine, divorce et défécation communautaire

Si il y a bien une chose pour laquelle j’exècre mon statut d’être humain c’est bien la bouffe. J’ai la nourriture en horreur et ce n’est malheureusement pas en vieillissant que ça s’arrange.

Pour moi, la nourriture est indubitablement associée à la notion de faim donc l’idée de cuisiner en avance me dépasse complètement. Je ne suis déjà pas particulièrement doué pour prévoir les choses que j’aime alors envisager ce que je déteste est une étape qui me parait bien lointaine dans le schéma de mon développement personnel.

Depuis l’histoire de la purée, moi et ma cuisine sommes en froid. Et, il n’y en a pas un pour faire le premier pas, chacun campant sur ses positions. Mon frigo, en dommage collatéral de la brouille, s’est retrouvé bassement relayé au rang de distributeur de bières et je crains qu’il ne nous claque une dépression si la situation ne s’arrange pas rapidement. Mais, à l’heure actuelle, je préfère encore sauter un repas et, à long terme, me laisser mourir de faim que d’allumer le gaz de ma cuisinière.

Les choses seraient encore vivables si elles devaient s’arrêter là. Après tout, je ne serai pas le premier à divorcer de ma cuisine.

On peut refaire sa vie. La preuve, il y a toujours, dans ce genre d’histoires, le petit resto d’en bas avec qui vous aviez commencé vos infidélités culinaires. Au début c’était par manque de temps et puis, un jour, votre cuisine, qui sentait bien l’odeur du brûlé lui chatouiller les narines, vous avait dit « tu me délaisses pour ton resto ». Comme un con, vous lui aviez juré que vous n’étiez ce genre de gars. Que les mecs qui se barrent avec le premier resto venu étaient tous des immondes salops. Que vous n’alliez pas tomber dans le cliché du client qui se tape son resto dans le dos de sa cuisine bien aimée. Mais vous mentiez, comme le dernier des salopards.

Tout ça avait commencé par le marché que vous aviez déserté au profit de l’hyper, plus pratique. Ensuite ce fut l’escalade classique, le Franprix en rentrant du boulot puis l’épicerie trop chère d’à côté et enfin le petit resto d’en bas. Elle avait raison la cuisine et aujourd’hui c’est fini entre vous pour de bon.

Les petits restos d’en bas, c’est comme les secrétaires un peu trop gourmandes, les hommes finissent toujours par succomber.

Mais je n’en suis pas encore là, stoppé dans mes infidélités par une petite phobie (de plus).

Car satisfaire un besoin vital en groupe me gêne. Je n’aime pas me restaurer en compagnie d’autres êtres humains. J’ai un peu trop l’impression de chier au milieu du salon et ça appelle en moi une certaine forme de pudeur profondément enfouie. Je vois de là les arguments du partage et de la convivialité que vous allez me ressortir mais, si on y pense bien, les latrines mixtes à cinq trous du moyen-âge n’étaient pas moins conviviales et elles ont pourtant disparues (ou presque…) avec l’évolution humaine.

Comme je pense qu’on est environ que deux (Seb si tu me lis celle-ci, elle est pour toi) sur cette terre à souffrir de ce genre d’angoisse, elle ne doit même pas être référencée dans le Vidal, la loose.

Je propose donc d’ouvrir une association des victimes de phobies orphelines afin de réunir en une seule structure tous les malades incompris de ce monde cruel.

Ou bien suis-je simplement un sale geek asocial ?

03/02/2010

Dans le rush

Comme annoncé la semaine dernière, je fais une petite parenthèse obligée dans les Chroniques pour, notamment, pouvoir boucler un certain nombre de projets en cours.

Ecrire est quelque chose d’affolant. Un petit peu comme si il s’agissait de se jeter dans le vide à chaque nouvelle phrase. J’ai commis l’immense erreur de me demander hier comment est ce qu’on écrit une histoire. Et je dois avouer que je n’en sais rien. Pour moi qui suis un grand angoissé et malade compulsif de l’improvisation c’est un constat dramatique.

J’ai bien quelques trucs mais aucun ne fonctionne à tous les coups. Le premier c’est le doute. Ne jamais être satisfait de ce que l’on a fait, être perfectionniste et surtout mettre de côté son égo pour accepter la critique. Ensuite, il y a le travail, plus on écrit, mieux on écrit.

Et puis il y a le contraire, il y a les textes qui te coulent des mains en un jet parfait, à la virgule prêt alors que ça faisait un mois que tu n’avais pas écrit une phrase correcte.

Ecrire c’est comme de chercher un centre de gravité mobile, trouver l’équilibre sans te casser la gueule. Actuellement, je suis dans une boulimie productive, j’ai plusieurs histoires sur le feu.

Vendredi j’ai enfin tiré la suite de la Fille de l’Ogre intitulée Le Père du Chaos qui m’a permis d’envoyer ma participation à un « concours artistique » sur le fil de la dernière minute.

Je viens aussi de boucler, hier soir, ma première histoire érotique pour adulte que je vous livrerai à l’occasion de la saint-valentin. Comme c’est un peu plus long que ce que je fais d’habitude, je ne sais pas encore sous quelle forme la distribuer mais je vais essayer de trouver un truc sympa.

Les choses avancent, gardons le cap !

29/01/2010

Réussir son entretien d’embauche

Attention, cette note n’est pas vendue avec de l’intérêt !

S’il y a bien une chose que j’aime dans le milieu du travail se sont les entretiens d’embauche. Déjà jeune étudiant, je me délectais des oraux qui m’ont si souvent sauvé d’une défaite aussi mérité que violente.

Ce n’est pas que mes connaissances soient plus étendues que celles des autres mais le fait de me retrouver face à un public, fut il d’une seule personne, m’a toujours fait vibrer. Le principe d’un entretien n’est pas tant de convaincre que de laisser un souvenir fort dans l’esprit de celui qui vous juge. La forme de l’exposé est au moins aussi importante que le fond.

C’est mon côté acteur à la petite semaine, chacun endosse un rôle qu’il joue jusqu’au bout. Certains, mes préférés, se travestissent en provocateurs, d’autres, les plus difficiles à gérer, deviennent pour quelques minutes, vos meilleurs amis. Mais, ne nous y trompons pas, il s’agit d’un jeu et comme dans tout jeu on gagne, perd, on s’adapte, improvise et parfois même on triche.

Comme je suis dans ma semaine sympa et que je n’ai rien de croustillant à commenter dans l’actu du jour, je vais vous donner mes petites recettes pour un entretien réussi.

Là commence la partie vraiment chiante. Pour ceux que la recherche d’emploi ne concernent pas vous pouvez décrocher (vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu).

Tout d’abord renseignez vous, savoir si vous passez avec un RH ou votre futur patron. Traditionnellement le premier ne connaît rien à votre futur job, ne soyez pas technique, vous allez l’ennuyer et il aura l’impression de passer pour un con. Mettez vous à sa porté, simplifiez les choses, tombez dans les clichés quitte à dire des conneries mais toujours avec aplomb. N’essayez pas de le contredire, quand il vous sort des inepties « Linux, c’est un truc de pirates, ça » abondez dans son sens. Il se sentira valorisé. Mais outre cet aspect ludique, gardez toujours à l’esprit que le type est un tueur qui saura détecter la moindre petite faiblesse que vous laisserez percevoir.

Mes bons conseils : Pour les stressé, imaginez-le le dimanche en jogging ça vous aidera à désacraliser le bonhomme. Repérez rapidement quel rôle il se décide à jouer avant de choisir le votre et gardez le cap tout au long. Ne soyez jamais naturel, à part si vous avez une personnalité hors du commun, mais dans ce cas vous ne liriez pas cet article. Posez toujours une question pour conclure et laissez lui avoir le dernier mot grâce à ladite question. Traditionnellement, la poignée de main finale conclue l’examen et vous pouvez faire bas les masques de vos rôles respectifs. Le reste est normalement en « off », si vous le sentez vous pouvez même vous laissez aller à la confidence du type « j’ai cru que vous alliez réussir à me coincer quand vous m’avez parlé de… ». Ca laissera votre examinateur sur une impression détendue, sympathique et de confiance mutuelle.

Concernant l’entretien avec votre futur patron c’est plus compliqué, lui ne jouera pas de rôle. Donnez lui le maximum de ce qu’il veut entendre, ne le contredisez que si vous êtes sûr de vos compétences techniques et de votre démonstration. Menez au maximum l’entretien, ne vous laissez pas entrainer sur les domaines que vous maîtrisez moins que lui. Préférez le « je ne sais pas » à la connerie même si l’ego en prend un coup.

Pour la fin il regardera à vos loisirs et vous interrogera sur le domaine qu’il préfère, n’hésitez pas à lui demander si il connaît, tissez une complicité sur vos points communs. Attention le domaine peut être vaste par exemple si vous avez noté photo il vous embrayera peut être dessus car c’est un passionné de vidéo, de même si vous mettez planche à voile et que lui aime faire du bateau l’été avec ses riches copains. Les domaines sont proches sans pour autant être identique, creusez un peu avant de déblatérer sur le sujet.

A tous ceux qui sont arrivés jusqu’ici, je suis au regret de vous annoncer que vous êtes certainement des déviants sexuels frappés de masochisme ou simplement des mecs qui cherchez du taf.

27/01/2010

Politique, télévision et sorcellerie

Il parait que la Roumanie est une démocratie, moi qui ne suis pas plus mauvais bougre qu’un autre, je me dis pourquoi pas. Mais quand on commence à aller dans cette direction il faut y aller jusqu’au bout. Surtout quand, comme moi, les seuls rapports que vous ayez avec des roumains se font au feu rouge entre une raclette et un bac d’eau noirâtre. Alors, un beau jour, j’ai pris mon petit sac sur mes épaules et je suis parti voir comment on vivait dans le pays du premier reality show.

Certains, trop jeunes, ne se souviennent pas qu’à l’époque ou les téléviseurs n’étaient pas encore plats, il existait un pays de l’Est (c’est à droite sur la carte) dans lequel vivait le camarade Ceausescu. Et si, aujourd’hui, nous avons big brother et autres conneries télévisuelles c’est un peu grâce à lui.

Pour la première fois de l’histoire de l’information nous avons vécu en direct de nos canapés But (Ikea n’était pas encore là) la destitution d’un régime politique comme on suivrait un épisode de Jack Bauer à la télé. Depuis, les journalistes et les gouvernements nous ont dit qu’on devait se méfier de ce qu’on voyait à la télé et c’est pour ça que se sont les américains qui nous montrent ce qu’on doit voir car eux savent ce qui est vrai.

Mais à l’époque il n’y avait pas les studios de Fox News pour tourner en décors comme dans la réalité et les images qui nous étaient diffusées étaient le reflet d’une réalité angoissante pleine de Dacia 1310 et de vrais morts. Le camarade Nicolae et sa compagne Elena en ayant d’ailleurs eu pour leurs frais quand s’est agi de servir de cadavres pour clôturer la série au terme du dernier épisode de l’unique et palpitante saison de « Revolution Roumania ».

On notera, au passage, tout le bon esprit de Elena qui, ayant planté son certificat d’étude, s’autoproclame génie en chimie, spécialiste des polymères. La blague était tellement énorme qu’elle reçu de nombreux prix honorifiques des plus prestigieuses universités étrangères qui, bizarrement, aujourd’hui ne s’en vante pas vraiment. Sans oublier le firmament de sa carrière qui se conclu sur la négation de l’existence du virus du sida, on savait se marrer chez les Ceausescu !

Autant dire qu’avec une si riche histoire politique les Roumains ont gardés le sens du spectacle et de l’humour. Aujourd’hui, plus qu’hier, les effets spéciaux sont à l’honneur et c’est Mircea Geoana, candidat malheureux à l’élection présidentiel de décembre dernier, qui s’y colle. Le candidat de la principale force d’opposition du pays, tendance socialiste, accuse son adversaire politique de… sorcellerie. Ben oui rien que ça, il a été maudit par la flamme violette, la preuve en est que l’actuel président portait pull violet le jour du débat télévisé.

Mieux que le chômage, la sécurité et l’immigration réunie, c’est, de loin, le meilleur argument de campagne que je n’ai jamais entendu. Que peut-il répondre à ça ? Si il s’engage à démontrer le contraire, il jette direct aux ordures sa légitimité fraichement acquise par la voie des urnes en passant pour un dingue qui relève l’argument le plus lunaire qu’on ait connu dans une démocratie.

Et le meilleur c’est que toute la gauche fait front, de la femme du candidat malheureux à son directeur de campagne chacun y ajoute son commentaire soutenant la théorie de l’attaque énergétique de la flamme violette dont a été victime leur poulain.

Tout ça aurait pu être balayé d’un habile revers de main si Geoana n’était pas la première personnalité politique de l’opposition du pays. C’est un peu comme si Ségolène Royal accusait Sarkozy de pratique vaudou.

Au moins, on sait maintenant comment ré-intéressé les gens à la vie politique, vivement que se soit diffusé chez nous.

Crédit Photo : L’arbre Marius

27/01/2010

Le point sur la situation

Je me retrouve à certains moments de l’année pris à la gorge en train de suffoquer mon temps qui s’écoule à la vitesse de la lumière sur laquelle on aurait monté un pot Polini.

N’étant pas, encore, le jeune auteur de talent reconnu par tous et pour lequel vous seriez prêt à lâcher 20€ à la Fnac dans le seul but de lire mes conneries, je me dois de travailler pour rembourser le crédit qui me saigne sur les vingt cinq prochaines années. Ajoutez à cela la photo, les compétitions sportives, la pile de livres qui s’entassent sur ma table de nuit, mon projet secret numéro un, deux et maintenant trois ; la régularité des chroniques en prend un coup sur le coin de la truffe et je ne parle même pas de l’hiver.

Je ne sais pas pour vous mais, personnellement, j’ai toujours trouvé très présomptueux ces gens qui passent trois plombes à expliquer qu’ils ne peuvent rien faire pour une raison dont ils ne peuvent rien dire, pour, au final, justifier qu’ils ne glandent rien.

Comme je ne suis pas qu’un sale con je vais essayer d’expliquer les raisons de mes choix et le pourquoi du secret « des  projets secrets ».

Le premier projet concerne la sortie d’un livre qu’on vous prépare avec amour depuis six mois maintenant. Nous allons entrer dans la phase de maquettage avec des choix cruciaux à venir notamment sur le format que nous souhaitons mettre en place. Pour ma part il me reste un paragraphe à rédiger que je laisse trainer depuis des semaines (j’aurai dû le faire pendant mes vacances, raté) et je suis chaque étape de la fabrication avec minutie pour un résultat parfait. Les intervenants sont nombreux et les délais parfois longs mais je peux vous garantir que le résultat sera à la hauteur de l’attente.

Le deuxième point appartient à la sphère privée et vu qu’on n’est pas encore chez skyblog et que j’ai une certaine sympathie pour les francs-maçons je vous fais grâce de ce secret et je me le garde sous le coude.

Quand au nouveau troisième, il est purement vénal et concerne mon évolution professionnelle pour 2010. Donc, au cas, improbable, où des collègues lieraient ceci ils pourraient se sentir frustré de savoir que je négocie âprement la hausse abusive de ma rémunération pour ma profession de sale con et préfère, encore une fois, fermer la gueule plutôt que de coir capoter les choses.

Par conséquent le temps me manque cruellement et je sacrifie plus volontiers les chroniques au reste.

Ou alors est ce encore un coup de la flamme violette ?

25/01/2010

Achevez moi, je deviens de droite !

Initialement intitulé : A tribute to Henry Proglio

Alors que tout le monde est en train de lâcher Henry Proglio me voici en défenseur des causes perdues, sauveur de la bête noire médiatique du moment. Entendons nous bien, si vous-même ou l’un des membres de votre équipe venaient à être tués ou capturés pour cause de propos en contradiction avec ceux tenus par le gouvernement en place, je nierai vous y avoir incité par la présente chronique.

Mais revenons à nos millions. Pour rappel des faits, Veolia est une entreprise cotée dont l’actionnaire majoritaire est privé et dont l’Etat détient 10% du capital par le biais de la caisse des dépôts et consignations. En 2003, Henry Proglio a été nommé à sa tête, jusque là tout va bien.

En 2008, il demande une augmentation de 50% son salaire qui lui a été accordée. Déjà, à l’époque, ça fait grincer des dents. Mais se faire balancer une leçon de morale par Sarkozy, qui s’est lui-même octroyé une confortable augmentation en tant que président, n’était pas à l’ordre du jour.

En janvier dernier on l’annonce PDG d’EDF en plus de sa fonction de dirigeant de Veolia. Maintenant, tout le monde s’offusque, et le voilà considéré comme le nouvel ennemi des pauvres.

Pour mémoire, je rappelle que l’Etat français n’avait aucune obligation vis-à-vis de Proglio. Si aujourd’hui il est président de EDF c’est avant tout parce que Lagarde est venue le chercher. Il faut arrêter deux secondes l’hypocrisie puante qui entoure ce battage médiatique. Et si on le paye de manière astronomique c’est aussi qu’on a bien voulu céder à ces exigences. Enfin, si l’Etat n’était pas content de son prix, il n’avait qu’à m’engager moi, je coute beaucoup moins chère et j’aurai même démissionné de mon poste actuel pour l’occasion, désamorçant dans le même coup la polémique sur le cumule des fonctions.

J’aimerai bien que ceux qui s’en prennent aujourd’hui à Proglio m’affirment qu’ils cracheraient sur un ticket gagnant du loto sous prétexte qu’ils l’ont trouvé dans la rue. Certes, il abuse,  mais c’est aussi parce qu’on lui a, un moment, donné les moyens d’abuser.

Au passage, et pendant qu’on en est à fouiller la crasse, je serai curieux de connaitre la part des 1.6 millions que l’Etat récupère sous forme d’impôts. Salaire que, finalement, nous (clients) payons indirectement au dirigeant d’EDF.

Et ben oui ! Car si il y a bien quelqu’un qui lui fait son chèque se sont bien, au final, les clients d’EDF dont je fais parti et qui se prennent leur carotte de 3% d’augmentation par an sans broncher.

Si le système est merdique à un endroit c’est peut-être bien ici. Une entreprise trop grosse est une entreprise qui perd le sens de sa clientèle et une fois que le pli est pris il n’y a que le mur pour l’arrêter.

Reprenons le cas de France Telecom qui, à force de position dominante, a perdu toute notion de service au client. Elle n’a d’ailleurs toujours pas compris que seule la satisfaction de sa clientèle lui permettra de conserver la maîtrise de ses coups par la compréhension de son marché et non par la baisse de ses coups de fonctionnement à court terme (pour rappel, Didier Lombard 1.7 millions de salaire tout de même…).

La logique est aujourd’hui ainsi, plus on paye un type plus il est compétent et plus on délocalise moins on paye de charges.

En théorie ca sonne bien, en pratique ca se passe un peu différemment. Une entreprise délocalise pour baisser ses coûts de fonctionnement sur l’année. Les clients, ne trouvant plus la qualité de services s’engagent auprès de la concurrence. Le marché est en baisse, les actionnaires virent le PDG et engagent un nouveau patron très cher qui se lance dans une politique de croissance à l’externe en rachetant les concurrents et en baissant les couts (donc nouvelle délocalisation) pour amortir ses investissements. Le montage fonctionne un an de plus mais les clients continuent de fuir et on refait un tour de boucle jusqu’à l’épuisement de l’entreprise, qui sera soit rachetée par un plus gros poisson pour une bouchée de pain soit remise à flot par l’Etat, et donc nos impôts, pour sauver les quelques emplois (de dirigeants surpayés) restant encore en France.

Belle perspective !

Crédit Photo : Neubie

21/01/2010

Jalousie et gentillesses

Dire que je suis jaloux de Joan Sfar serait complètement faux. La jalousie, en tout cas la mienne, ne s’attaque qu’à ceux dont le talent me semble accessible ou, pire, immérité. Dans la catégorie que j’appelle accessible, je classe tout ceux dont je peux dire moi aussi j’aurai pu le faire, sous entendu au prix d’un effort que je n’ai pas voulu fournir.

Par exemple de jouer d’un instrument de musique. Je jalouse secrètement toute personne capable de tirer un son correct d’un instrument au point d’avoir envie de casser des doigts pour évacuer ma propre frustration (désolé pour tes doigts). Car, au final, je m’en veux de ne m’y être jamais mis moi-même. Mais tout ça demande des efforts et donc des contraintes et moi, les contraintes, ce n’est pas vraiment mon fort.

Mais, comme souvent, j’ai un problème de référents culturels. Ce que j’aimerai pouvoir jouer est d’un niveau technique tel, que je me décourage avant même de m’être lancé. Je suis un peu comme un cycliste qui voudrait grimper le tour Mallet tout étant incapable de gravir les 272 mètres du Terrier de St-Martin du Fouilloux (point culminant des Deux-Sèvres).

Autant découvrir m’amuse, autant apprendre est synonyme de calvaire. D’ailleurs vous noterez que travail, origine tripalium, désigne un instrument de torture romain à trois branches qui rappelle étrangement le supplice de la croix, je m’arrêterai là et vous laisserai en tirer vos propres conclusions.

Ainsi, je me retrouve bloqué, frustré de ma propre fainéantise et surtout envieux.

Ensuite il y a ceux qui sont là sans le mériter. Tous ces gros mauvais qui polluent notre existence de leur incompétence surmédiatisée. Que se soit ces acteurs à qui l’on propose de faire un disque (la mode est un peu passée mais elle reviendra) alors que de vrais musiciens galèrent à sortir le leur. Que se soit ces sportifs qu’on invente auteur sous la plume d’un nègre dont le nom ne figurera nul part. Que se soit ces abrutis chroniques qui se prennent pour des dirigeants alors qu’ils n’ont fait que reprendre la boite de papa et qui n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le travail (nota bene : la torture cf. supra) et le fait de gagner sa vie. Je les jalouse ! D’une manière différente que pour les premiers,  en plus agressif (je ne me contente pas de casser des doigts). A ce niveau là je me dis que la vie est trop injuste que je serai cent fois meilleur à leur place et que si chacun était noté à sa valeur les choses seraient surement différentes.

Que Olivier B., notre dark knight local (facteur le jour, super-révolutionnaire la nuit), se rassure, il y a encore des partisans au bottage cul de cette oligarchie d’incapables. Et je suis même prêt à endosser le rôle de guide, tel Moïse,  le poing levé et le doigt bien tendu vers le chemin à suivre le ciel.

Mais laissons là mes penchants anarcho-révolutionnaires pour revenir au cœur de notre sujet et affirmer bien haut que, non, je ne suis pas jaloux de Joan Sfar. Car Joan est bien au-delà de mes petits complexes, il est stratosphérique, intouchable par nos mains souillées de pauvres mortels. Dessinateur, scénariste et maintenant réalisateur. Ce type à tous les talents car non content d’être plénipotentiaire, il est doué, incommensurablement doué. Même avec tout le travail du monde, JAMAIS je ne serai Joan Sfar. Je n’écrirai jamais autant d’histoires que lui, je ne saurai jamais dessiner comme lui, et je serai surement incapable de faire un film.

C’est, en fait, là tout ce qui sépare l’admiration de la jalousie.

Crédit Dessin : Joann Sfar sur le mur de la maison parisienne de Gainsbourg rue de Verneuille.

Crédit Mosaïque : Space Invader

Crédit Photo : Yoyolabellut, Chasseur d’ Invader et autre street art

10/01/2010

Des nouvelles du front (de mer)

Janvier c’est mort, je vous préviens, j’hiberne. Au programme lecture, télé, bouffe et somnolences. 2009 aura été très chargée avec ses nuits courtes, ses angoisses, son dénouement en fanfare. Enfin empli d’un optimiste inattendu, je profite du calme de ce début d’année pour affuter mes projets à venir (et il y en a beaucoup).

En attendant, j’essaye de remettre sur pied « On aura l’hiver avant les autres ». J’ai un peu oublié de renouveler l’abonnement auprès de OVH, mea culpa. Signe qu’il est temps de faire la sauvegarde de la base de données des textes que, j’espère, ne pas avoir perdu.

24/12/2009

Nouvel an et dépression

En réponse au message de Kuhn : En décembre 1999

Billet sponsorisé par Nirvana, Mr Jack, Dragon Ball Z, Doc Martens, le Bi-Bop et mes cheveux.

Dans le quotidien d’un homme vieillissant, les souvenirs se font la belle. Préférant les verts pâturages de l’oubli aux armoires poussiéreuses de ma bibliothèque cérébrale, je perds chaque jour des bouts de mon passé.

Que ceux qui ont eu le bon goût de lire La fin des temps, du futur prix Nobel de littérature (je prends les paris), Haruki Marakami, me suivent et me rapportent les cranes blancs des vieux rêves pour m’aider dans mon enquête.

Car tel le XIII (le personnage pas le numéro), je suis à la recherches d’indices menant à mon passé oublié. J’ai d’abord appelé mes habituels acolytes de bringues afin de faire appel à leurs propres mémoires mais rien, je n’y étais pas.

J’ai tout essayé, déterré ma boite mail de l’époque perdue dans les limbes de la technologie, envisagé sérieusement de remonter le disque dur de mon PC d’époque avant de m’apercevoir que les connectiques n’existaient plus. J’ai même utilisé un vieux CV retrouvé sur Monster pour retracer la chronologie des faits qui me ramèneraient au lieu le plus probable de ma soirée du 31 décembre 1999.

Je suis arrivé à la conclusion que la tempête de 99 a dû emporter, avec elle, une partie de mon cerveau, me privant, par la même, des souvenirs de cette grosse poilade qu’à dû être mon réveillon.

Si, au moins, j’avais la sensation d’avoir passé une excellente soirée, mais là, rien. Il faut dire que je suis assez con pour m’être organisé « une contre-soirée nouveau siècle » à base de cinq heures passées sur le chat de Caramail. Vingt pourcent de forfait grillé en une soirée avec des dépressifs sans ami qui pleurent de n’être invités nul part, une vraie VDM party avant l’heure.

Pour ceux qui seraient né après 89’ je précise qu’à l’an 2000, on payait L’Internet à la communication car les téléphones portables n’existaient pas et il fallait bien que France Telecom nous tonde laine par un autre moyen. On avait alors des forfaits trente heures dans une technologie de pointe, le 56K qui pouvait mettre jusqu’à 10 minutes pour charger une photo, quand la connexion ne coupait pas. On payait ça 8000 dollars (oui à l’époque on payait aussi dans une autre monnaie) avec des dépassements qui vous endettaient sur quinze ans et on était content (et un peu con).

Mais, selon toute vraisemblance, je devais être en couple et ce n’était pas le style de ma copine de l’époque me laisser tranquillement pourrir devant mon écran cathodique en vieux nerd associal que j’étais que je suis.

Et pourtant, je ne me souviens de rien.

Je pense que, dans le fond, les années quatre vingt dix furent un pur moment d’extase et que je n’avais aucune réelle envie d’en tourner la page. Je passais mes week-ends avec mes potes. Ma situation scolaire s’était nettement améliorée avec mon arrivée au lycée et je ne parle pas de ma vie de facard qui fut, en son temps, absolument géniale. Je passais mon temps libre entre les concerts, le cinéma et ma console de jeu. On découvrait internet, les voyages, l’amour, le rock et les mangas sans autre contrainte que celle de se cultiver.

Comme disent les vrais vieux cons, c’était une époque foisonnante, créative et ludique. On avait l’impression que le monde nous appartenait et c’était le cas. On jouait avec un coup d’avance et c’était grisant.

L’an 2000 a scellé cette époque bénie dans la morosité du conformisme et je crois que si j’avais dû passer un réveillon pourri celui-ci aurait été le meilleur. Si la plupart d’entre vous ont considérés ce réveillon comme le début d’une ère nouvelle pour moi ce fut, incontestablement, la fin d’une époque.

Crédit Photo : sarah …