En réponse au message de Kuhn : En décembre 1999
Billet sponsorisé par Nirvana, Mr Jack, Dragon Ball Z, Doc Martens, le Bi-Bop et mes cheveux.
Dans le quotidien d’un homme vieillissant, les souvenirs se font la belle. Préférant les verts pâturages de l’oubli aux armoires poussiéreuses de ma bibliothèque cérébrale, je perds chaque jour des bouts de mon passé.
Que ceux qui ont eu le bon goût de lire La fin des temps, du futur prix Nobel de littérature (je prends les paris), Haruki Marakami, me suivent et me rapportent les cranes blancs des vieux rêves pour m’aider dans mon enquête.
Car tel le XIII (le personnage pas le numéro), je suis à la recherches d’indices menant à mon passé oublié. J’ai d’abord appelé mes habituels acolytes de bringues afin de faire appel à leurs propres mémoires mais rien, je n’y étais pas.
J’ai tout essayé, déterré ma boite mail de l’époque perdue dans les limbes de la technologie, envisagé sérieusement de remonter le disque dur de mon PC d’époque avant de m’apercevoir que les connectiques n’existaient plus. J’ai même utilisé un vieux CV retrouvé sur Monster pour retracer la chronologie des faits qui me ramèneraient au lieu le plus probable de ma soirée du 31 décembre 1999.
Je suis arrivé à la conclusion que la tempête de 99 a dû emporter, avec elle, une partie de mon cerveau, me privant, par la même, des souvenirs de cette grosse poilade qu’à dû être mon réveillon.
Si, au moins, j’avais la sensation d’avoir passé une excellente soirée, mais là, rien. Il faut dire que je suis assez con pour m’être organisé « une contre-soirée nouveau siècle » à base de cinq heures passées sur le chat de Caramail. Vingt pourcent de forfait grillé en une soirée avec des dépressifs sans ami qui pleurent de n’être invités nul part, une vraie VDM party avant l’heure.
Pour ceux qui seraient né après 89’ je précise qu’à l’an 2000, on payait L’Internet à la communication car les téléphones portables n’existaient pas et il fallait bien que France Telecom nous tonde laine par un autre moyen. On avait alors des forfaits trente heures dans une technologie de pointe, le 56K qui pouvait mettre jusqu’à 10 minutes pour charger une photo, quand la connexion ne coupait pas. On payait ça 8000 dollars (oui à l’époque on payait aussi dans une autre monnaie) avec des dépassements qui vous endettaient sur quinze ans et on était content (et un peu con).
Mais, selon toute vraisemblance, je devais être en couple et ce n’était pas le style de ma copine de l’époque me laisser tranquillement pourrir devant mon écran cathodique en vieux nerd associal que j’étais que je suis.
Et pourtant, je ne me souviens de rien.
Je pense que, dans le fond, les années quatre vingt dix furent un pur moment d’extase et que je n’avais aucune réelle envie d’en tourner la page. Je passais mes week-ends avec mes potes. Ma situation scolaire s’était nettement améliorée avec mon arrivée au lycée et je ne parle pas de ma vie de facard qui fut, en son temps, absolument géniale. Je passais mon temps libre entre les concerts, le cinéma et ma console de jeu. On découvrait internet, les voyages, l’amour, le rock et les mangas sans autre contrainte que celle de se cultiver.
Comme disent les vrais vieux cons, c’était une époque foisonnante, créative et ludique. On avait l’impression que le monde nous appartenait et c’était le cas. On jouait avec un coup d’avance et c’était grisant.
L’an 2000 a scellé cette époque bénie dans la morosité du conformisme et je crois que si j’avais dû passer un réveillon pourri celui-ci aurait été le meilleur. Si la plupart d’entre vous ont considérés ce réveillon comme le début d’une ère nouvelle pour moi ce fut, incontestablement, la fin d’une époque.
Crédit Photo : sarah …








