24/12/2009

Nouvel an et dépression

En réponse au message de Kuhn : En décembre 1999

Billet sponsorisé par Nirvana, Mr Jack, Dragon Ball Z, Doc Martens, le Bi-Bop et mes cheveux.

Dans le quotidien d’un homme vieillissant, les souvenirs se font la belle. Préférant les verts pâturages de l’oubli aux armoires poussiéreuses de ma bibliothèque cérébrale, je perds chaque jour des bouts de mon passé.

Que ceux qui ont eu le bon goût de lire La fin des temps, du futur prix Nobel de littérature (je prends les paris), Haruki Marakami, me suivent et me rapportent les cranes blancs des vieux rêves pour m’aider dans mon enquête.

Car tel le XIII (le personnage pas le numéro), je suis à la recherches d’indices menant à mon passé oublié. J’ai d’abord appelé mes habituels acolytes de bringues afin de faire appel à leurs propres mémoires mais rien, je n’y étais pas.

J’ai tout essayé, déterré ma boite mail de l’époque perdue dans les limbes de la technologie, envisagé sérieusement de remonter le disque dur de mon PC d’époque avant de m’apercevoir que les connectiques n’existaient plus. J’ai même utilisé un vieux CV retrouvé sur Monster pour retracer la chronologie des faits qui me ramèneraient au lieu le plus probable de ma soirée du 31 décembre 1999.

Je suis arrivé à la conclusion que la tempête de 99 a dû emporter, avec elle, une partie de mon cerveau, me privant, par la même, des souvenirs de cette grosse poilade qu’à dû être mon réveillon.

Si, au moins, j’avais la sensation d’avoir passé une excellente soirée, mais là, rien. Il faut dire que je suis assez con pour m’être organisé « une contre-soirée nouveau siècle » à base de cinq heures passées sur le chat de Caramail. Vingt pourcent de forfait grillé en une soirée avec des dépressifs sans ami qui pleurent de n’être invités nul part, une vraie VDM party avant l’heure.

Pour ceux qui seraient né après 89’ je précise qu’à l’an 2000, on payait L’Internet à la communication car les téléphones portables n’existaient pas et il fallait bien que France Telecom nous tonde laine par un autre moyen. On avait alors des forfaits trente heures dans une technologie de pointe, le 56K qui pouvait mettre jusqu’à 10 minutes pour charger une photo, quand la connexion ne coupait pas. On payait ça 8000 dollars (oui à l’époque on payait aussi dans une autre monnaie) avec des dépassements qui vous endettaient sur quinze ans et on était content (et un peu con).

Mais, selon toute vraisemblance, je devais être en couple et ce n’était pas le style de ma copine de l’époque me laisser tranquillement pourrir devant mon écran cathodique en vieux nerd associal que j’étais que je suis.

Et pourtant, je ne me souviens de rien.

Je pense que, dans le fond, les années quatre vingt dix furent un pur moment d’extase et que je n’avais aucune réelle envie d’en tourner la page. Je passais mes week-ends avec mes potes. Ma situation scolaire s’était nettement améliorée avec mon arrivée au lycée et je ne parle pas de ma vie de facard qui fut, en son temps, absolument géniale. Je passais mon temps libre entre les concerts, le cinéma et ma console de jeu. On découvrait internet, les voyages, l’amour, le rock et les mangas sans autre contrainte que celle de se cultiver.

Comme disent les vrais vieux cons, c’était une époque foisonnante, créative et ludique. On avait l’impression que le monde nous appartenait et c’était le cas. On jouait avec un coup d’avance et c’était grisant.

L’an 2000 a scellé cette époque bénie dans la morosité du conformisme et je crois que si j’avais dû passer un réveillon pourri celui-ci aurait été le meilleur. Si la plupart d’entre vous ont considérés ce réveillon comme le début d’une ère nouvelle pour moi ce fut, incontestablement, la fin d’une époque.

Crédit Photo : sarah …

22/12/2009

Pour noël, j’offre un cadeau surprise

Je suis comme ça, c’est mon quart d’heure fée Clochette.

Pas de Chronique aujourd’hui pour cause de publication de Vie de rien sur “On aura l’hiver avant les autres“. N’ayant pas  trouvé de jolie photo pour illustrer cette dernière nouvelle, j’offre un truc (à définir mais se sera un “vrai” truc bien) à qui me trouvera l’image libre de droit (ou qui lui appartient) pour agrémenter cette histoire. Les dessins sont aussi acceptés (je sais, je suis trop bon) tant que vous en êtes l’auteur.

Vous avez jusqu’au 24 décembre minuit pour me faire parvenir votre participation.

Vous pouvez m’envoyer tout ça par en commentaire, via FB, Twitter, Mail (antoine[at]onauralhiver[p]net), n’hésitez pas à relayer.

Le jury, composé de me, myself and I, sera totalement partial et subjectif . Il choisira en fonction de ses goûts et de ses humeurs, tout en faisant de son mieux pour coller à l’histoire.

17/12/2009

Je suis vieux !

Damned, je suis vieux ! Déjà rien que le fait d’utiliser le mot “damned” me fait ressembler à mon père, ce qui me terrorise tout autant que se conforte l’idée que, finalement, je n’ai pas été adopté.

Je passe rapidement sur mon aspect physique extérieur du jour, consécutif à une soirée nuit Karaoké organisée par mon voisin du dessous avec son Yéti et une fille à talons qui marque le tempo sans tenir compte de la moindre notion de rythme. Outre le fait qu’un nouveau personnage intègre dorénavant la galerie déjà bien trop étoffée de mes voisins récurrents, je m’étonne qu’une femelle ait passé le barrage de l’apparence répugnante de Georges le Yéti. Je mène l’enquête, je vous tiendrai au courant.

Jusqu’à présent, je n’avais que quelques vagues soupçons de mon âge réel aux yeux du monde jeune. J’ai passé la barre symbolique des trente ans, j’ai marié tous mes potes même les plus improbables, je suis dans la même boite depuis plus de trois ans et je suis même devenu propriétaire, tel l’investisseur foncier de droite.

Mais, comme disent les vieux, l’important c’est de rester jeune dans sa tête. La belle connerie que voilà ! J’ai eu beau me fader Twilight, Harry Potter, Naruto et même écouter Tokio Hotel dans un souci avancé de connaissance du jeune, je viens pourtant de me faire cataloguer par un post apo ado de 17 ans à peine, au chapitre des vieilleries juste bonnes à figurer dans un musée antique.

L’ado n’a pourtant pas l’esprit corrompu et s’il malmène votre égo, c’est avec l’innocence de la sincérité de son âge à lui, jugez plutôt (l’ado, pas le chien).

Papy Toine décide de se confronter à la culture musicale du jeune de base, auto-prétendu amateur de “rock”. Le panel de ce qualitatif étant relativement large, je prends mon courage à deux mains, rassemble dans mon neurone le nom des groupes de métal modernes et me lance :

- Et toi, tu écoutes quoi comme musique de “jeune”, sous entendu, petit, je suis peut être vieux mais je vais te mettre minable avec ma grosse expérience dans ta face.

- J’écoute surtout Slipknot et Bullet For My Valentine.

Jusque là je maîtrise, les groupes métal de jeunes sont en réalité des groupes de vieux. Il faut dire que, mis en concurrence, la nouvelle scène ne tient pas la route face aux mastodontes du marché. Le clash BB Brune – Metallica n’aura finalement pas lieu, j’en pousse un ouf de soulagement. Je suis en terrain conquis, on papote tranquillement de nos gouts respectifs quand soudain, tout vacille.

- J’écoute aussi quelques autres groupes mais j’aime pas trop celui avec le chanteur là…

L’ado a cette merveilleuse capacité à ne pas finir ses phrases, laissant en souffrance toutes formes d’indices permettant une potentielle cohérence de son propos. Parce que, devons nous le signaler, des groupes avec, au moins, un chanteur il y en a quelques uns.

- Euh… ok mais tu pourrais préciser ?

- Maissiiiii (mais nonnnnn), tu sais (ben non toujours pas), ce groupe là, avec le chanteur qui s’est fait tuer ou qu’est mort.

Je dois avouer qu’à ce moment précis j’ai dû prendre sur moi pour ne pas me moquer. Mais il avait ma sympathie, après tout un jeune qui emprunte le long chemin du rock and roll et qui déteste le foot et le rap français, ne peut être que sur la voie de la sagesse. Patience est maîtresse de bonté, je respire et tente d’aider :

- Alice In Chains ?

- Non !

- Euh, Pantera ?

- Mais non, le chanteur je te dis ! (Vas y prend moi pour un con, j’essaye d’aider)

- Mayhem ?

- Je connais pas.

- INXS, Queen, AC/DC, les Beatles ?

- Non mais un vieux groupe aussi.

- Les Doors ? (vous noterez l’étendue de ma culture en matière de groupe à chanteur mort)

- Non, non pas ça. Ah si ça y est ! Je me souviens ça s’appelait Nirvana !

- Petit con, va !

Crédit Photo : Mae Noelle

15/12/2009

Banquiers et transsexualité artistique

Je ne sais pas pour vous mais j’ai pris la très mauvaise habitude de gratter mes billets dans des endroits soumis aux interruptions ponctuelles et impromptues, si possible bruyant. En général j’écris en répondant au téléphone, en pensant à ce que je dois faire après, un écouteur Ipod dans l’oreille gauche, mon Outlook sur l’écran de droite et mon navigateur internet sur celui de gauche (oui je bosse sur trois écrans).

Je dois, au cours de ce laps de temps, transsexualiser mon cerveau afin de le basculer en système multitâche. Pour un heureux détenteur de testostérone, ce n’est pas un cheminement naturel car nous focussons. En effet, nous faisons les choses les unes après les autres nous concentrant à fond pour que la tache auquel nous nous attelons se déroule sans encombre de son point de départ à celui de son arrivée.

Prenons un exemple pratique qui vous parlera, la fin du mois approche et votre banquier vous a déjà appelé trois fois pour vous souhaiter joyeux noël vous pourrir comme un futur SDF, ce sur quoi il n’a peut être pas tout à fait tort eu égard à ces recommandés que vous n’êtes pas allé chercher et qui dorment tranquillement dans le bureau de poste en bas de chez vous.

Vous avez déjà remarqué à quel point les banquiers qui vous appellent s’impliquent émotionnellement dans la gestion de votre compte ? A chaque fois, ils prennent cet air paternaliste du conseillé d’orientation qui commence tous ses entretiens par le traditionnel je ne sais vraiment pas ce qu’on va pouvoir faire de toi. A chaque fois que je suis à découvert j’ai l’affreuse impression qu’il essaye de me culpabiliser. Il s’adresse à moi comme si il parlait à quelqu’un qui venait d’acheter un manteau de fourrure fait en peau de bébés phoques tués à la batte de baseball.

Je lui vole SON argent, alors même que sa prime de noël, hors treizième mois, se calcule justement sur les résultats des agios qu’il me prélève dés le passage timide de mon compte au dessus de la barre symbolique du zéro.

Mais je digresse, donc, en ces fins de mois difficiles, vous vous apprêtez à manger des pâtes, comme hier, et surement comme demain. Vous avez fini le fromage, première victime de la crise gastronomique de votre frigo, puis la sauce tomate, puis le ketchup, et enfin le beurre la veille, il ne vous reste qu’un fond de salière qui ne tiendra surement pas jusqu’au 31 (saloperie de mois à 31 jours).

Vous mettez une casserole pleine d’eau sur le feu et là apparait l’inévitable division comportementale sexuelle. La femme part pratiquer une autre activité comme éplucher une carotte, alors que l’homme reste pour surveiller la casserole.

Il focus, se concentre sur chaque frémissement, prêt à baisser l’intensité du gaz à la moindre alerte. Il reste ainsi, paquet de nouille éco+ à la main, en alerte maximale pour jeter le féculent italien à l’eau dés les premières bulles venues.

C’est ainsi que les femmes mangent des carottes avec leurs pâtes alors que ça nous est totalement impossible à moins de deux individus males, un pour la carotte et l’autre pour l’eau.

C’est ainsi que je me déchire chaque jours le cerveau pour écrire mes saloperies entre deux interruptions. Mais si je peux faire abstraction d’un certain nombre de perturbations pour la beauté du noble art (l’écriture, pas la boxe) et la recherche de l’égoïste postérité. En revanche, je me tétanise dés qu’un individu passe derrière moi. Je me transforme alors en petit blanc pétrifié dans la lumière des phares de la grande faucheuse des routes de nos campagnes, attendant l’inévitable pare-choc pour me faire broyer le crane.

Je ne supporte pas l’idée que quelqu’un puisse lire par-dessus mon épaule. Déjà petit je lançais des regards haineux à mes professeurs qui tentaient de voir ce que j’écrivais lors des contrôles. Peut être faut il finalement y voir la fibre de l’artiste qui recouvre avec pudeur sa fragile esquisse de sa peinture transformant un banal brouillon sans valeur en chef d’œuvre.

Ou peut être suis-je juste un gros con qui veut pas qu’on copie ?

Crédit photo : Jean Cocteau “L’homme multitâches”

14/12/2009

Monde (écolo) de merde

Parlons peu mais parlons bien. Parlons peu d’abord car aujourd’hui, eu égard à ma situation financière en raison d’anciennes fêtes païennes reprises à des fins de promotions religieuses, il serait bon que je concentre mon attention sur une activité rémunérée.

Parlons bien ensuite car nos dirigeants sont en plein travail sur le climat et, qu’à cette occasion, j’ai découvert une nouvelle forme d’écologie, le rinnafoutre.

Le rinnafoutre porte surement un vrai nom, qualifié par d’obscurs sociologues finlandais mais n’ayant pas vraiment le temps de m’appesantir sur la question aujourd’hui, je vous laisse chercher et me donner une éventuelle réponse.

Bref, cette doctrine d’origine sino-américaine est la suivante : le dérèglement climatique on en rien à foutre parce qu’on est riche. Ainsi, ils s’engagent dans une guerre à mort en opposant la nature au pouvoir de l’argent. Et là j’ai envie de dire, et si ?

Et si ces gros cons d’américains avaient finalement raison et que le pouvoir de l’argent serait capable de sauver leurs fesses ? Un peu comme dans le film 2012 dans lequel seuls ceux qui peuvent payer un milliard d’euros survivent.

L’idée est la suivante, avec la pollution l’humain s’adapte, inventant de nouvelles formes de technologie pour lutter contre ses désagréments. L’invention de ces technologies coute chère à développer, et seuls les riches peuvent en bénéficier. Ainsi les pandémies et catastrophes naturelles en tout genre vont se multiplier au point de disséminer la partie pauvre de l’humanité. Nous entameront alors le déclin démographique de la population humaine à l’échelle planétaire. Je vous passe rapidement le fait que les pauvres ont plus d’enfants et que donc taper dans cette population ralentira d’autant plus fortement la démographie.

Une fois passé de 6 à 1 milliard d’individus sur terre, la pollution va, de fait, diminuer. Si les grands centres de productions pollueurs seront toujours actifs, en revanche, on aura freiné la pollution individuelle par une diminution de la consommation d’énergie. Moins de nourriture à produire, moins d’engrais à utiliser, moins d’électricité, moins de bagnole, moins de déchets…

C’est choquant ? C’est vrai ; et pourtant cette théorie me trouble par son cynique réalisme. Sans se baser sur un plan moral, ce que l’économie de marché n’est pas, je ne vois pas comment éviter ce scénario catastrophe.

Seul un électrochoc puissant, touchant aux pays riches pourrait, à la limite, enrayer la machine. La destruction de la Californie ou du Japon par un tremblement de terre pourrait, par exemple, être une prise de conscience suffisante pour démontrer que tout l’argent et la technologie du monde n’est, finalement, que peu de chose face à une catastrophe naturelle d’envergure.

Mais s’ils arrivent à prévoir et faire évacuer à temps. Ils auront alors eu raison et les autres pourront crever de ne pas s’être adapté.

Nous entrons dans l’ère du Darwinisme scientifique et ça ne fait pas vraiment envie.

10/12/2009

Mon voisin, son yéti et moi

Pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, Georges c’est le yéti de mon voisin du dessous (comme dans la pub).

L’avantage d’habiter un presqu’immeuble c’est qu’on connait bien la vie intime de nos voisins.

Chérie, je crois que les portugais du dessus ont choppés une gastro carabinée, il faut penser à bien se laver les mains dés qu’on les croise.

Ici, notre voyeurisme auditif est pleinement comblé grâce à cette fine couche, très économique en matériaux de construction bas de gamme, qui nous sert de sol et de plafond.

Mon voisin du dessous c’est un mec plutôt calme et discret, la trentaine, célibataire qui aime porter des tatanes en plastique avec des chaussettes et un short le week-end et que je croise la semaine en costar cravate un peu cheap façon Célio. Il est timide, doit être comptable, analyste ou un truc chiant du même genre.

Et puis y a Georges, c’est son meilleur… ou presque. En tout cas mon voisin du dessous est le meilleur ami de Georges. Pour Georges c’est facile de choisir son meilleur ami car des amis, il en a qu’un.

On en a tous eu un comme ça, sous prétexte que vous êtes, vous aussi, célibataire et que votre appart’ est plus grand que le sien, il passe sa vie chez vous, faire de bonnes soirées « entre mecs ». D’un autre côté ça vous permet d’avoir un adversaire pour jouer à FIFA sur la playstation et, comme il est nul, de vous sentir fort. Il flatte votre ego et, pour les yétis les mieux dressés, vous fait même la cuisine.

Après, le yéti a ses inconvénients. Si vous vous posez régulièrement la question de savoir pourquoi vous n’avez pas niqué depuis un an, concernant Georges la réponse ne fait aucun doute. Il est moche, il sent un peu mauvais, est un peu sourd, parle trop fort et dés qu’une fille semble s’intéresser à lui (par politesse) il la noie dans son néant sentimental et lui ressasse l’histoire avec SON unique ex, une dépressive restée avec lui pendant une semaine dont quatre jours sans se voir (vous connaissez l’histoire par cœur).

Comme mon voisin du dessous c’est un chic type, il ne dit jamais non. Le coup classique est le suivant :

Ce soir il n’a rien de prévu, même pas un match de foot à la télé, rien. Enfin, une soirée pépère tranquille. Il glande sur le net, clique par erreur (on devrait plutôt dire par instinct) sur une bannière avec une fille à gros seins. La fille a gros seins à des copines en photo, la température monte. Il essaye de calmer son ardeur, rien n’y fait, même le site de Disney lui fait pensez à des trucs cochons avec des Minnies géantes. Il abandonne et passe à l’étape deux. Il fouille dans sa collection de Divx et lance Matrix 3 !

Alors, pour toutes les filles qui liraient ce blog, sachez qu’un mec qui conserve Matrix 3 dans une collection de Divx est soit un psychopathe masochiste soit un type qui veut planquer un porno lesbien en lui donnant un titre dont il est sûr que personne ne viendra cliquer dessus.

Donc, il se lance dans le visionnage de son film à caractère adulte avec des objets qui s’introduisent dans des trous quand le téléphone sonne. Ca le perturbe un peu, choisi de ne pas répondre, le téléphone insiste, la concentration lui échappe finalement il abandonne et décroche.

- Salut c’est Georges le yéti, je passais par hasard devant chez toi et j’ai vu de la lumière. Comme tu ne répondais pas, j’ai eu peur que tu aies oublié ta lampe, je voulais te prévenir.

- Merci c’est gentil.

- Vu que je suis devant chez toi et que t’y es, je vais passer. On va pouvoir jouer à la console, ou se mater un film, j’ai récupéré Matrix 3 en Divx aujourd’hui si tu veux.

Et voilà comment mon voisin du dessous se retrouve toute une soirée avec son yéti qui hurle au lieu de parler et qui fout le son de la télé à fond histoire de bien profiter du dolby suround pendant les explosions de Matrix 3.

09/12/2009

Japon, mini-jupes et culture geek

Parfois il faut se faire détester pour le bien de l’humanité. A l’image d’un Besson qui cristallise le mécontentement sur lui afin d’épargner le président de république, je me dois de trahir le plus grand secret Geek pour le bien de ma communauté.

Et ne doutez pas que ceux qui savent continuent de perpétuer le mythe en toute connaissance de cause. Mais je ne peux leur en vouloir. Je me suis moi-même tue, et j’ai parfois menti au risque de plonger de nouvelles âmes pures dans la course à l’Eldorado. Pas plus tard qu’hier j’ai laissé planer un doute affreux qui a fait déborder le vase de ma culpabilité.

Mais ne jugez point, je ne suis qu’homme et de ce statut ingrat j’emprunte les faiblesses naturelles de ceux de ma race. Moi aussi j’ai voulu y croire, moi aussi j’ai couru ce mythe, telle une muse inspirant chacun de mes rêves les plus intimes. Que ne fussè-je faible, que pleuvent sur moi les commentaires de la honte pour avoir osé suivre la marche de ceux que je dénonce en ces colonnes.

Aujourd’hui je brise mes chaines et me lève en homme libre. Je pose un pied triomphant sur le bois grisâtre de mon bureau pour voir, de ma hauteur nouvelle, le monde sous cet angle différent.

Pardon, d’avoir douté, pardon d’avoir mis si longtemps. Lecteur me pardonneras tu un jour le choc que je m’apprête à t’infliger ? Je l’appelle de mes vœux les plus chères mais il faut que tu saches. La mascarade n’a que trop duré.

Croques la pomme et apprends que dans leur immense majorité les japonaises sont moches (ni cliquez pas ici ni ) !

Oui ami lecteur, tu as bien lu, se sont toutes des thons, des boudins, des cageots, des vraies moches ! Elles sont toutes plates comme des portes de prison (ingéniosité de notre langue) et ont des jambes en forme de poteaux électriques. Certaines ont même des culs énormes et flasques !

Arrêtez votre dénis et regardez la réalité en face, c’est pour votre bien. Elles bouffent comme des américaines, engloutissent sodas, double Whoopers et de Kit-Kat cheese cake (véridique) à longueur de journée.

Frères obsédés qui avez déjà répondu oui à la question vous êtes vous déjà imaginer faire l’amour à un personnage de manga, soyons objectif. Sailor Moon n’existe que dans nos têtes, la réalité est toute autre. Leurs jupes sont trop longues et mal taillées. Les chaussettes remontées jusqu’aux genoux vous donnent l’impression de reluquer des footballeurs (bien que ça n’en arrête pas certains). Mais je crois que le pire c’est cette mode horripilante des chaussures à talon.

Dans un pays qui n’a connu que la tong pendant des centaines d’années, il est des gênes et des habitudes qui ne perdent pas, surtout au Japon. Par conséquent les filles qui achètent des chaussures à talon les prennent trop grandes d’environ deux à trois pointure dans le seul et unique but que “ça claque”. Elles marchent donc comme des équilibristes parkinsoniens, les pointes de pied vers l’intérieur manquant de trébucher à la moindre occasion ce qui casse, vous en conviendrez, toute forme de raffinement aux escarpins.

La japonaise aiment à associer pleins de fringues et accessoires très tendances en y ajoutant le petit plus nippon. Le Japon, en termes de gouts vestimentaires, c’est un peu l’association improbable du Big-Mac et du poulpe. Ce savant mélange nous apporte, non sans une certaine fraicheur la panoplie, Louboutin, mini-jupes et loose socks du plus bel effet ou encore le sac à main Longchamp défiguré par 60 breloques clignotantes accroché à sa boucle, telle la réalité de nos fantasmes à jamais perdus.

Crédit Photo : Danny Choo série Stormtrooper

03/12/2009

Le syndrome de l’uniforme 2

Il peut m’arriver d’être contradictoire, voire, dans certains cas tout à fait exceptionnels, d’y mettre un brin de mauvaise foi. Sur ces bases saines, reprenons donc notre discussion d’hier. Il est vrai que jeune (merci Fab. pour m’avoir grillé) je répondais aux critères prédéfinis par mon groupe ethnique et ma classe sociale (Levis-Strauss, si tu me lis, celle-ci, elle est pour toi) en respectant scrupuleusement le dress-code afférant.

Par conséquent je portais comme un symbole le cheveu long (je n’en ait plus qu’un aujourd’hui alors j’y fais gaffe), le cuir et le jean déchiré. Je passerai rapidement sur ma période je porte des couettes et je fais mes tee-shirt moi-même qui n’aura duré que quelques semaines.

Alors quelle différence avec l’uniforme d’école ? A première vue il n’y en a pas si ce n’est que l’uniforme est quand même grave plus classe que le poncho. Surtout après que le Florent Pagny se soit emparé du symbole, qui est, de fait, devenu risible.

On nous présente généralement l’uniforme comme le seul moyen de gommer les différences sociales. C’est un leurre, la différence sociale se fait tout autant sur le nom, les stylos, montres, bijoux, parfum et autres sous-vêtements utilisés que sur les fringues. Les pauvres sont juste un peu moins laids et les riches un peu moins beaux (le populisme n’est pas mort).

Entré dans la vie active, c’est la même, suivant ton niveau dans la société tu portes soit le bleu, soit le jean, soit le costard. Les goûts n’ont finalement que peu d’importance vu qu’on s’uniformise naturellement par rapport au milieu dans lequel on évolue.

Alors pourquoi m’obstine-je à un tel refus ?

La raison est plus triviale, elle est de l’ordre du refus moral de porter les couleurs de mon établissement. Comme je n’ai aucune fierté à être français, ce qui explique surement pourquoi je n’ai pas de drapeau au fronton de mon appartement, je n’en ai pas plus (et voire encore moins) à être associé à ce qui fut, pour moi, un long parcours de souffrances intellectuel et (surtout) sentimental.

Ce n’est donc pas tant la privation de liberté vestimentaire que l’association de ma personne à un établissement qui me dérange.

Ensuite, pour le gros pervers extérieur à ce contexte et à ce débat, les petites japonaises qui remontent leurs jupes d’uniforme à mi-taille pour ressembler aux chanteuses décervelées de leur continent, c’est un atout.

En effet, là-bas, toutes les chanteuses sont des clones de Alizée (je donne ma langue au chat…) et il y en a des centaines différentes, toutes pareilles (oui c’est fait exprès). Musicalement c’est une torture mais c’est un régal visuel.

Ajoutez-y les uniformes des lycéennes, la moyenne nationale de la taille du sexe masculin et la fameuse enzyme magique (celle qui fait qu’au bout de deux bières, ils sont ivre mort), vous obtiendrez le Nirvana d’une population de fétichistes, célibataires et sourds d’avoir trop usé le levier de vitesses.

L’uniforme peut donc avoir du bon mais uniquement sur un marché de niche d’une culture déjà très fidèles aux vertus de la suprématie du groupe sur l’individu.

02/12/2009

Le syndrome de l’uniforme

Baigné, dés mon plus jeune âge, de culture britannique, l’une de mes peurs de collégien était de me retrouver pris dans un système scolaire à l’anglaise. Déjà que je mangeais des Weetabix le matin, vous comprenez mon angoisse de devoir en subir plus.

Deux choses caractérisaient, selon moi, mes homologues anglais, le pensionnat et l’uniforme. Déjà phobique des colonies de vacances, le pensionnat me terrifiait. Ce n’était pas tant vouloir rester auprès de mes géniteurs bien aimés, que de devoir quitter le cadre sécurisé de mon univers pour en bâtir un autre peuplé de nouveaux individus auquel je n’avais, par avance, aucune envie de parler.

Déjà, tout petit, vous remarquerez les germes du petit connard naissant qui ne veut surtout parler à personne. Alors autant, quand on part en vacances avec ses parents, on peut faire abstraction huit jours des intrus qui essayent d’engager le contact autant quand on vit dans un pensionnat cinq jours sur sept cela devient vite beaucoup plus difficile.

Depuis, je me suis soigné, j’ai vu Harry Potter et je me dis que j’ai été idiot de ne pas vouloir partir un an dans un College en Angleterre. J’aurai appris comment voler sur un balais ou simplement des tours de magie pour me venger de manière vile et mesquine de tous les cons qui ont fait de ma scolarité un enfer sur terre.

Pour le costume, j’ai remarqué que le syndrome ne touchait finalement pas que moi et que pleins d’autres étaient titillés par cette petite angoisse. J’ai donc poussé mon étude sociologique en situation réelle.

Comme je n’aime toujours pas parler aux inconnus et que j’ai une nature agressive je préfère la fermer plutôt que de m’attirer des problèmes en étant particulièrement désagréable avec le premier venu. Dans mon milieu professionnel, le premier venu étant souvent hiérarchiquement plus élevé que moi (ce qui n’est pas un exploit) ça attire rapidement les ennuis et l’animosité qui fait que tu restes, plus longtemps que les autres, au premier barreau de l’échelle de l’ascension sociale.

N’ayant donc jamais été très doué en « actions, réactions, conséquences », j’ai élaboré tout un tas de techniques pour éviter les questions stupides qui amènent, trop souvent de ma part, des réponses au moins aussi con saupoudrées d’un brin de cynisme. Tel l’évangéliste de l’intelligence, je ne lui dit pas que c’est un con, je lui démontre, c’est plus fort que moi.

Quand je pars en mission, l’une de mes techniques consiste donc à porter les tee-shirts publicitaires de la marque que je suis censé représenter (délavés et déformés de préférence). Ca m’évite de me présenter (personne ne se souvient jamais des noms, moi le premier) et justifie ma présence sur les lieux. Je deviens alors monsieur « mettez ici le nom d’une marque » et peux bosser tranquille.

La question récurrente qu’on me pose alors est toujours la même : Mais vous êtes obligé de porter ça ? En désignant avec un certain dégout mon habit de fortune. Ce à quoi je réponds inlassablement : Oui et d’ailleurs quand ma société vous aura racheté (ce qui arrive dans 99% des cas sinon je ne me déplace pas) vous serez obligé de porter le même.

Je lis alors dans leurs yeux toute la peur enfouie du collégien obligé de porter un uniforme aux couleurs de leur école et m’en délecte. Après, j’étudie les réactions, mais aucun ne remet jamais ma parole en doute, j’adore !

Crédit Photo : theirhistory

30/11/2009

Un doigt bien tendu à la face de leur démocratie

Aujourd’hui ça pleure à l’UMP suite au décès médiatique de Frédéric Lefebvre injustement bouté hors de Twitter par une horde de bloggeurs anarchistes. Mais ces bloggeurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Ils sont adultes, chefs d’entreprise ou cadres supérieurs au sein de la plus folle des économies libérales, celle du web. Dans le schéma idéal ils devraient être de droite, et peut être même le sont ils, alors pourquoi ?

Les vieux clivages gauche-droite sont aujourd’hui bousculés dans leur fondement. Le paysage sociologique des électeurs a changé. Nous avions confiance en nos pairs qui en ont largement abusé. On nous a fait croire pendant des années que les jeunes que nous étions étaient devenus une entité à la fois décisionnaire et écoutée. Nous avons été politisés en masse pour devenir finalement une génération trahie.

Ceux actuellement aux commandes de notre appareil d’Etat, ont une conception toute personnelle de la démocratie. Elle est objectivement inégale car ne s’applique pas à eux. Nos politiques ont le droit de tricher, mentir, offrir des passe-droits à leurs amis et le refuser à tout autre.

Des exemples ?

Johnny adopte une petite fille chinoise en l’espace de un mois. Quand on sait qu’un dossier d’adoption normal met 5 ans à aboutir, les familles dans l’attente ont dû apprécier. Sarkozy divorce en quelques jours. Je passe rapidement sur l’ADN du scooter de Jean Sarkozy ou la villa Corse de Christian Clavier. Ca c’est pour la sphère privée.

D’un point de vue public on trouve, les régimes spéciaux des parlementaires, le salaire du président, les élections truquées (encore à Aix en Provence récemment). Dernièrement le nombre de conseillers ministériels à 7000€ par mois qui explosent, quand on sait les coupes faites en même temps dans les effectifs des fonctionnaires (et notamment des profs).

Et après ça on nous demande de faire confiance à nos dirigeants ? Confiance ? Je ne suis même pas certain qu’ils sachent ce que ça veut dire. Quand encore, ils font montre d’une certaine compétence pour leur domaine mais quand, en plus, ils sont, comme Lefebvre, et s’expriment sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas ; ça ne donne pas vraiment envie d’accorder la moindre parcelle de confiance.

Nous sommes un électorat désabusé, la politique ne sait plus nous faire espérer et quand elle montre la moindre faiblesse on s’y engouffre et on attaque, que ce soit Royal et son site internet, Sarkozy et son EPAD ou Lefebvre et son Twitter. A ceux qui hurlent qu’on ne fait que casser sans proposer je citerai le philosophe Joey Starr qui, un jour de lucidité, a balancé à Michel Field, nous on n’est pas la solution, on est le problème.

Car ce n’est pas à nous de proposer des solutions mais bien à eux qui se cachent derrière les injustices de nos mécontentements. Malheureusement les gens de talent, capables d’écoute et de proposition, que j’ai pu croiser dans mon parcours de militant ont tous, à un moment, jeté l’éponge de la vie publique. Non que les élections leur furent défavorables mais ils ne sont pas allés jusqu’aux élections. Tous stoppés dans leur parcours par des arrivistes à l’ambition démesurée à l’image de Montebourg pour la gauche et de Lefebvre pour la droite.

Ne nous étonnons pas que leurs déclarations tombent à plat car ils n’ont simplement pas la compétence des postes qu’ils occupent. Leur manque d’intelligence les poussent à mal s’entourer, à faire des raccourcis hâtifs sur des sujets qu’ils ne maitrisent pas. Ils ne répondent pas à nos besoins car ils ne les comprennent pas. Nos “jeunes” dirigeants ne se sont pas élevés à la force de leur compétence mais à celle de leurs ambitions, et là, ça se voit.

Au fond, cette situation m’attriste profondément car j’ai l’impression que notre système est à bout. Nous avons perdu ce qui fait l’essence même de la démocratie, les démocrates. Pour le citoyen que je suis, ce n’est pas facile d’assister impuissant à la destruction d’un système dans lequel j’ai cru et je continue de croire. Mais donner à un marteau à un humain, il peut construire une maison comme l’utiliser pour détruire son prochain.

J’ai peur que les cons finissent par avoir raison de notre peau.