Saint Nicolas, Brice et autre Luc, je me vois, enfin, rappelé à l’ordre des fidèles en succombant aux douces sirènes de la mère patrie sécuritaires. Ca m’a pris hier soir en apprenant qu’une de mes connaissances venait d’être la victime d’un odieux vol, celui de son scooter !
Même pas un beau, plutôt à ranger dans la catégorie vieux et moche, son Honda Swing. Et même parmi les Swings, le sien, de couleur marron-verdâtre avec beaucoup de kilomètres servait de référence dans le mauvais goût. Il s’est arrêté trente minutes, cadenassé son scoot moche et se l’ai, quand même, fait tiré. Trente minutes, en journée, en plein Paris, un deux roues immonde avec antivol au milieu de pleins d’autres motos, dorénavant je vis dans la peur. Les voleurs ne reculent plus devant rien.
Pas plus tard que la semaine dernière deux individus d’obédience voleur se sont même infiltrés dans les locaux hautement peu sécurisés de mon lieu de travail pour subtiliser le contenu des bureaux. Les types sont venus jusqu’à trois mètres de mon espace de travail avant de faire machine arrière de peur de se faire défoncer par JP, notre gardien de hockey.
Après cette expérience pour le moins traumatisante pour le faible humain que je suis, tout le monde n’ayant pas la chance d’avoir l’utilité un hockeyeur dans son service, je flippe ma race.
A la manière des héros américains, j’ai pourtant un super-pouvoir caché.

Ah, ah mais quel vantard, ce type !
C’est pourtant vrai, je ne suis jamais bourré, jamais le moindre trou noir, jamais eu l’envie de nager nu dans une fontaine en plein hiver ! J’ai développé une résistance phénoménale à l’alcool. En revanche, après trois verres, je suis malade. Je passe directement de la case joyeux à la case je vomis sans passer par celle je fais n’importe. L’avantage c’est qu’on reste lucide mais si l’alcool te fait oublier certaines choses c’est peut être aussi pour ton bien. C’est un peu comme quand un enfant fait ses premières dents. La douleur est telle, qu’elle serait insupportable pour un adulte et que donc on l’oublie pour ne pas avoir à revivre ce traumatisme.
Je pense que c’est une affaire de cerveau, le mien étant la seule chose à peu près potable dans tout ce grand corps sans intérêt, il se refuse à lâcher prise et préfère pousser le reste de mon anatomie au bord du gouffre plutôt que de se déconnecter. Ce en quoi, finalement, je le remercie.
Evidement, c’est moins facile avec les filles. L’alcool ne jouant pas son rôle de désinhibeur social je continue à bafouiller, devenir tout rouge, regarder mes pieds mais j’y ajoute, en plus, la difficulté de ne pas vomir dans le décolleté de la demoiselle qui me fait face.
Si mes partenaires passées pensent que je suis un gentil garçon, bien élevé, qui ne cherche pas à les coucher dés le premier soir c’est uniquement par fourberie et surtout parce que je ne peux pas ! Les mouvements de va et vient propres à certaines pratiques intimes associés à l’effet de l’alcool me collent, à coup sûr, le mal de mer. Quoi de pire qu’un vieux relent de reflux gastriques entre deux mots salaces chuchotés à l’oreille ? Ce genre de comportement casse rapidement une relation aussi bien engagée fut-elle.
J’aimerai toutefois troquer cette capacité contre, par exemple, une force herculéenne. Pouvoir raconter sérieusement à mes potes que le dernier type que j’ai croisé en train d’essayer de voler mon scooter je lui ai fait manger ses clefs et lire dans leurs yeux ce soupçon d’effroi de l’histoire improbable raconté par le type qui est capable de tout.
Mais, sans aucun pouvoir utile, je suis à la merci du moindre escroc de peu de foi qui s’attaquerait à mes biens personnels. Je pense que je vais finir par acheter une chaine pour mon scooter.
Crédit Photo : Angelina








