Bien faire et laisser dire -> lol

J’adore les morts en politiques, la dernière en date sur ce blog c’était Mme Albanel (que tout le monde à oublié depuis) dont vous pouvez retrouver l’oraison funèbre ici. J’ai raté le père Woerth pour cause de surcharge de travail mais je ne pouvais décemment pas louper notre chère ex-ministre des affaires étrangères. La palme d’or du look conseillère principale d’éducation pour collège catholique quitte le gouvernement. Moi, quand je la vois, j’ai toujours l’impression qu’elle va me demander de sortir mon carnet de correspondance pour me filer des heures de colle. Alors, au moins par vengeance envers cette profession qui m’a fait vivre quelques une des pires heures de mon existence, je me devais de reprendre la plume l’espace d’un billet pour vous parler de ce licenciement. Pauvre femme de plus de cinquante ans, en fin de carrière, et pour qui ça va commencer à devenir difficile de se reconvertir pour boucler ses dernières annuités avant la retraite.

J’ai suivi, avec une ferveur non feinte l’affaire MAM. Il faut dire que la politique internationale a toujours été ma petite madeleine de Proust, je m’en délecte. Je crois qu’il y a eu dans cette histoire beaucoup trop de choses qui se sont télescopées, poussant nos dirigeants à dire comme d’habitude n’importe quoi pour finir par se mélanger les pinceaux. J’ai à peu près tout lu et tout entendu sur l’analyse du mécontentement des français à l’égard de sa ministre mais jamais la raison pour laquelle, moi (centre névralgique de l’intelligentsia populaire) j’étais colère.

Refaisons l’histoire, point par point.

Que MAM ait voulu envoyer des militaires pour soutenir une dictature en place, on connaissait. Ca choque mais la raison du plus fort l’emportant… on met ça sur le compte de la logique diplomatique.

Que MAM ait eu des intérêts économiques dans la conservation d’une dictature en place, c’est humain. Personne n’irait cracher sur trente plaques et des voyages en jet privé même si cela devait se faire au détriment d’une population qui va, de toute façon, bouffer ses dents que tu te serves ou non. Qu’il y ait de la misère d’accord, que certains en profitent c’est dégueulasse tant qu’elle ne nous profite pas à nous. Combien d’entre vous continuent à acheter des Nike en connaissant les conditions de travail dans les usines chinoises ? Vous croyez que c’est mieux, non évidement et pourtant vous les aimez bien vos running bariolées. Là, ben… c’est pareil.

Que MAM pense à sa retraite et, avec cynisme, fait faire des placements immobiliers en Tunisie à ces vieux parents pour profiter d’une défiscalisation au moment de l’héritage. Après tout, une fois morts, ils n’auront plus besoin de tout cet argent. Et puis, la dévalorisation des retraites c’est un peu la faute à Sarkozy.

Que MAM ait menti devant tout le monde pour essayer d’expliquer que tout ça était un coup monté, ils l’ont tous fait. La sincérité n’est pas une vertu politique, on le sait, on fait avec. On s’en accommode plus ou moins bien.

Mais moi ce qui m’a tué c’est la sincérité de son discours. Elle tape indirectement dans la caisse tunisienne en profitant du système, se fait gauler et nie comme un amnésique. La corruption intellectuelle de nos élites est tellement répandue qu’ils ne comprennent pas que le peuple s’en offusque. Ils ont une évaluation de la normalité qui est fausse. Je suis sûr qu’en son for intérieur, MAM est sincère. Elle considère qu’elle n’a commis aucune faute et ne comprend pas qu’elle se soit faite sortir. Mais putain, quand tu te fais chopper, le premier truc à faire c’est : tu fermes ta gueule !

Pour reprendre l’image véhiculée par un ami, c’est comme ces chauffeurs-livreurs qui roulent à 200 et qui engueulent les flics qui leur retirent leur permis parce qu’ils ne pourront plus travailler. Si tu roules à 200, tu assumes le risque et si tu te fais prendre tu fermes ta bouche. Et bien quand tu es ministre ou représentant du peuple et que tu te fais griller, c’est la même chose.

Mais l’abus de pouvoir est tellement ancré dans notre culture, qu’aujourd’hui les gens qui en subissent les revers ne le comprennent pas vraiment. Les marchés truqués, les emplois fictifs, les renvois d’ascenseurs, les liens entre pouvoir politique et économique sont tellement entrés dans la norme que nos élus s’étonnent que se soit au pire illégale et a minima amoral.

Car c’est bien de ça dont on parle, l’intégrité morale, l’empilage de toutes ces conneries qu’on subit. Que se soit le doublement du salaire du président, les régimes spéciaux des retraites des députés et des sénateurs, les jets privés et autres vacances payées par des “amis” (vous en avez beaucoup des amis qui vous payent des vacances, sérieux ?) qui sont avant tout des partenaires financiers, la condamnation pour propos racistes d’un ministre qui plus est de l’intérieur, les logements de fonctions pour les enfants de ministres, les hélicoptères de l’armée pour ramener un juge influençable de ses vacances en Himalaya au cours de l’instruction d’un politique… Si tout ça n’est pas toujours illégal, c’est amoral. Et je crois qu’on commence légèrement à en avoir ras le fion d’avoir des décideurs qui considèrent que l’amoralité est une zone neutre qu’ils peuvent fouler allègrement du pied sans avoir de compte à rendre.

PS : c’était mon 100ème article sur ce blog

3 Commentaires

Classé dans Le néant

3 réponses à Bien faire et laisser dire -> lol

  1. Benjay

    Pour le 101eme tu nous parles de notre grand ami Brice ?

  2. Davidguigui

    Ça gagne combien un “Conseiller spécial” ?

  3. Babeth

    Welcome back ! C’est cool un petit message qui fuse comme ça ! Je suis partante pour lire un message sur Brice comme le propose Benjay ou bien sur ton look RMiste altermondialiste niortais ;-)