Le gentil-geek, la bête-sportif et la belle-princesse

J’ai raté une marche de l’internet du monde. Et pire, je viens tout juste de m’en rendre compte alors que ça s’est produit en aout dernier. Autant dire une demi-vie du web. Re-pire, cette marche traitait de la culture geek. MA culture à moi que j’aime et que j’ai toujours défendu. Comble de la catastrophe il s’agissait même d’un coup bien placé dans les roustons de mon univers.

Le coup a été asséné par une certaine Marlard (illustre inconnue de ma personne) mais dont le propos a fait immédiatement tilt et écho à de nombreuses questions que je me posais moi-même. Pour faire simple, l’article de Marlard, rebondissant sur une critique de Lara Croft par le magasine Joystick, démontre à quel point l’univers geek est sexiste et excluant pour toute personne ne faisant pas parti du sérail homme-blanc-hétéro.  Le tout allègrement appuyés d’exemples, à lire ici.

Et pour ceux qui n’étaient pas encore convaincus du bien fondé du propos, on peut en reprendre une deuxième couche plus récemment. Car oui Marlard a raison, notre communauté est bien pourrie de l’intérieur par des réflexes haineux d’un autre siècle.

geek

Alors pourquoi en rajouter me direz-vous, si ces articles suffisent à la démonstration ?

Parce que d’abord je ne suis peut-être pas le seul perdu dans cette histoire, que synthétiser et répéter n’est jamais du temps perdu. Parce que cette guerre attaque directement « ma » communauté de manière frontale et que donc ça me touche personnellement et me pousse à m’engager. Que le silence c’est prendre parti et que je n’ai pas envie qu’on m’attribue des propos par omission. Parce qu’enfin il ne faut jamais laisser seul quelqu’un qui se bat pour ses idées surtout quand on les partage, plus tard c’est souvent trop tard.

On ne va toutefois pas aborder ici le fond du problème qui a été traitée avec brio par Marlard tout au long de deux articles susmentionnés et dont je ne pourrais que trop vous conseiller la lecture. Car, d’une part, je n’aurai rien à ajouter et que, d’autre part, si l’envie m’en prenait néanmoins je le ferai bien plus mal qu’elle.

Ici la question auquel je compte m’attaquer n’est donc pas de savoir si oui ou non les geeks sont sexistes (car nous partirons du postulat que oui ils le sont).  Mais de savoir pourquoi les geeks masculins (que nous appellerons simplement « geek » par facilité de langage), font-ils preuve d’une telle violence envers les femmes. Et particulièrement envers celles qui dénoncent cet état de fait. Soyons clair, quelqu’un qui n’a rien à se reprocher ne passe pas ni son temps à se justifier, ni n’essaye de ne noyer ses détracteurs sous un flot constant d’invectives, de menaces et d’allégations fausses.

Alors pourquoi les geeks sont-ils devenus d’infâmes machos ? La réponse est simple, parce qu’ils le peuvent. Je citerai pour cela Montesquieu qui nous disait que tout homme accédant au pouvoir est amené à en abuser, les geeks n’auront donc pas fait exception.

Mais revenons à nos origines pour comprendre l’étendue du phénomène qui nous touche et nous pourrie (oui je m’inclus dans le lot par facilité). Nous, les geeks-hommes (nous considérant comme fondateur du mouvement), sommes devenus geeks non par amour des maths, des mondes imaginaires, des superhéros ou des jeux-vidéo. Non, on est devenu geek parce que nous ne sommes que de sales petits frustrés. Des puceaux sans envergure, rejetés à maintes reprises par timidité, maladresse, et manque total de méthode pour conquérir les filles.

Ça aurait pu être autre chose, prendre une autre tournure comme la musique (le métal et plus généralement la musique extrême par exemple…) ou la philo. Ca aurait aussi pu être une toute autre activité cérébrale tant que c’était par opposition à ce qui est physique/manuel (domaine de prédilection de la culture douchebag). Nous nous sommes alors accaparés la culture de l’imaginaire, en squateur d’une culture à laquelle peu de gens prêtaient attention. Dans le but de devenir invisible jusque dans nos loisirs.

Dans le monde du geek il y a trois catégories d’humains : les filles (la belle), les douchebags (la bête, aka le sportif, le cancre turbulent, le petit chef de la récré…), et les geeks (les gentils). Dans le monde des geeks, il y a une confusion complète entre gentillesse et séduction. Dans le monde des geeks, les filles sont des êtres faibles qui ont besoin qu’on les protège. Dans le monde des geeks, les belles se font abusées par les bêtes car elles n’ont pas assez de recul pour comprendre que les douchebags en veulent à leur vertu. Ben oui c’est bien connu les gentils geeks font l’amour de manière courtoise pendant que les douchebags baisent comme des bêtes (à la limite du viol).

Ce schéma, même si il parait complètement débile une fois mis à plat, est appliqué en toute bonne foi par les geeks (on sauve la princesse, ça vous dit quelque chose…).  Donc quand un geek se prend un gros râteau d’abord il ne comprend pas, ensuite il en veut au douchebag  qui va récupérer la belle sans effort (apparents), et enfin devient frustré de ne jamais réussir son coup. Le geek est en plus tellement sûr de son schéma qu’il ne le remet d’ailleurs jamais en cause. Lui, c’est le gentil, donc ce sont forcément les autres qui ont tort.

Pour une démonstration plus ample (et bien mieux foutue que la mienne) je vous renvoie sur les articles de l’Elfe, avec Cerise, Poire et Melon.

La culture geek s’est construite sur la frustration de ne pas être celui qui nique ! Comment dans ces conditions, voulez-vous que ça se passe bien par la suite ? Mais tant que la société cultivait l’exclusion des geeks ça ne se voyait pas. Et surtout pendant des années ce comportement a attisé la frustration d’être relayé au deuxième rang. Souvenez-vous de Télérama et de son Goldorak-Hitler, de Mireille Dumas et des jeux de rôle, des procès contre l’industrie du jeu vidéo par une France bien pensante, les BD censurées et redessinées. Vous voyez tous l’image du scientifique dans son laboratoire en train de préparer sa vengeance avec un rire de fou ? Ce scientifique c’est nous, Frankenstein c’est nous,  les geeks c’est nous !

Cette rancœur a été le moteur de beaucoup de choses. Tout d’abord elle aura été au centre de l’essor de l’informatique moderne. Si Gates, Jobs, Wozniak, Torsvald, Zuckerberg ont changés le monde c’est uniquement par revanche envers les mecs qui les prenaient pour des blaireaux ou (pire?) des gays au vu leur échecs sentimentaux successifs au collège (vous commencez à cerner certains liens ?). Au travers ces quelques noms de notre histoire commune, nous pensons avoir conquis le monde. Dorénavant plus personne ne pourra vivre sans passer par « nos » inventions, « nos » créations (oui la réussite se partage plus facilement que l’échec surtout quand elle n’est pas de notre fait). Comptez chez vos amis (non geek) combien se disent dépendant de leur portable, de leurs mails, de leur facebook et vous pourrez mesurer l’étendu du pouvoir créatif de la vengeance.

Et à force de frustration et de persévérance, ce que les geeks ont toujours voulu a fini par arriver, la tendance s’est inversée.

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De la risée des couloirs de nos bahuts nous sommes devenus les maîtres de l’économie mondiale, nous accédons aux postes à responsabilité, nous avons fait naitre des industries parmi les plus florissantes depuis l’avènement du pétrole (rien que ça). Nous sommes devenu incontournables, nous sommes devenus, des dominants !

« Nos » inventions sont devenues à la mode et avec elles, l’argent, le pouvoir et les filles. Celles-là même qui nous avaient jetées quelques années plus tôt, parce qu’on était trop gentil. Et bien maintenant que nous sommes en haut de la pyramide sociale, maintenant que la mode les a détournées des douchebags pour s’intéresser à « nos » iphones, « nos » ordinateurs, « notre » internet… on va bien les faire morfler. Si elles veulent accéder à la jouissance des objets que nous avons construits et imaginés il va falloir qu’elles rampent à nos pieds. Qu’elles nous supplient de leur pardonner leurs errances sentimentales d’avoir porté leur intérêt sur les mauvaises personnes, de nous avoir exclus. Elles aimaient les bêtes, on va leur montrer que nous ne sommes plus les gentils garçons d’avant, fallait se réveiller plus tôt les princesses. Les bourreaux d’hier sont devenus les victimes d’aujourd’hui.

Rien que d’énoncer autant de conneries à la ligne, je me sens sale. Mais, outre son aspect provocateur prompt à susciter les réactions, je reste persuadé que ce schéma décrit ci-dessus de manière (pas tant que ça) caricaturale reste valable. Que nous, les frustrés d’hier se sentons aujourd’hui forts parce que « notre » culture est devenue dominante. Alors que l’immense majorité d’entre nous n’ont que le mérite d’avoir été finalement au bon endroit au bon moment. Pour un Wozniak (créateur génial de l’Apple) combien de tocards revêches, frustrés, revanchards et surtout profiteurs ? Combien sommes-nous à avoir réellement créé quelque chose pour ce que nous appelons abusivement « notre culture » ? Pas tant que ça.

Notre culture est d’ailleurs en elle-même un miroir aux alouettes, elle n’a jamais été à nous. Au mieux elle appartient à ceux qui l’ont créé mais pas à ceux qui la consomment. L’acte même de consommation place l’individu dans un attentisme passif. Plus que des bourreaux, nous sommes devenus les douchebags d’hier, en pire. Combien de fois j’aurai voulu avoir des filles à ma table de JdR ? Combien de fois j’aurai aimé partager ma passion sans distinction de genre ? Combien de fois j’ai regretté que le versus fighting soit à ce point entre couilles ? Et la BD, pareil même constat : mecs, mecs, mecs… ? Sans autre explication (idiotement naïve) que « ce loisir ne plait pas aux filles ».

Heureusement j’ai eu la chance de mettre un pied dans la petite porte du GN qui est sûrement le loisir geek le plus pratiqué par les filles. Et franchement ça fait du bien. Je ne sais pas si elles ont souffert de machisme identique à celui des jeux vidéo décrit par Marlard. Sûrement, mais j’avoue ne jamais y avoir été attentif tellement ce comportement de supériorité me parai(ssai)t irréel. Et j’espère, au contraire, qu’elles continueront de venir forcer les portes des bastions de « notre » culture pour enfin y amener le sang neuf dont elle a besoin pour continuer d’exister, en paix avec elle-même, épurée de ses démons.

La lutte continue mais j’espère que certains, comme moi, auront enfin pris conscience du problème pour être plus vigilant envers ce sexisme banalisé que nous devons éradiquer, ensemble en ouvrant nos clubs, nos soirées ludiques, nos tables de jeu et nos écrans à toute personne désireuse de partager nos loisirs sans distinction de genre.

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Ma canne, mon combat pour aujourd’hui et pour demain

En guise d’introduction,  je vous préviens tout de suite que si vous ne pratiquez pas la canne de combat en compétition cet article ne présentera aucun intérêt pour vous. En plus il y a de fortes chances que vous n’y comprenez rien. Pour les autres, bienvenue.

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Tout d’abord et avant d’entamer les hostilités je vous remercie de me lire jusqu’au bout car il me semblait important de dresser un état des lieux de notre sport.

Aujourd’hui entre le départ des uns et les révoltes des autres j’ai l’impression que chacun braille dans son coin sans que plus personne n’écoute personne. Je ne vais pas faire un déballage de qui fait quoi, je pense que si vous lisez ce texte c’est que vous êtes suffisamment informé de la situation qui nous préoccupe aujourd’hui et que je n’ai pas besoin de brosser l’historique qui nous a amené où nous en sommes.

Aujourd’hui (et depuis bien longtemps) nous avons deux organismes de rattachement pour la canne et le bâton, la ffsavate et l’ufolep (par l’ASCA), obligeant certains d’entre nous d’avoir deux licences, deux assurances, deux certificats médicaux (ne réclamant pas les même mentions) pour pratiquer le même sport. C’est idiot et contre-productif pour une discipline qui aspire à grandir, se faire connaitre et attirer de nouveaux membres.

Mais la canne c’est quoi ? Vaste question car à l’intérieur de ce terme générique se recoupe trois pratiques qui cohabitent plus qu’elles ne se complètent. Il y a la canne loisir, qui représente l’immense majorité de nos adhérents, le bâton fédéral et enfin la canne sportive (de compétition).

La canne loisir et assimilé (canne-forme, canne-chausson, canne spectacle…) c’est le nerf de la guerre, c’est là où se trouvent les licences. Les clubs vivent de la canne loisir et parfois de manière exclusive.  Pour ces pratiquants, la fédé, l’organisme de rattachement, l’arbitrage, les règlements sont des concepts flous et sans intérêts (et quand on voit le bordel que c’est j’ai envie de dire heureusement). Ces gens viennent faire de la canne comme ils feraient de natation ou du tennis. C’est quelque chose qui me dépasse complètement mais force est de constater que se sont eux qui forment le gros de notre petite troupe de bras cassés.

Le bâton est certainement la discipline oubliée car je pense qu’il n’y a pas de formation de moniteur suffisante pour l’enseigner. Le seul club que j’ai pu voir enseigner correctement le bâton c’est l’ASCA et ce grâce à la ténacité de Fred Morin pour que cette discipline ne devienne pas une discipline morte. Mais au contraire un sport bien vivant et en réelle évolution. A noter donc que celui que j’estime être le plus grand spécialiste au monde du bâton fédéral  ne fait pas parti de la fédération… un comble. Je pense toutefois que contrairement à ce que nous imaginons bien souvent, le bâton revêt un caractère fédérateur et de promotions beaucoup plus intéressant que la canne. Son poids, son amplitude et sa variété parlera d’avantage aux profanes que la canne. Mais là n’est pas l’enjeu de ce texte.

Et enfin, la canne sportive de compétition qui est finalement la discipline qui m’intéresse. Pour revenir sur mon parcours je ne conçois la canne que comme un sport de confrontation. Je ne tire aucun plaisir de l’effort et des sacrifices qu’il implique. Je serai aussi bien dans mon canapé à regarder des séries télé américaines que de me geler le fion une à trois fois par semaine dans un gymnase glacial. Mais ces entraînements me permettent de progresser, augmenter mon niveau pour affronter et si possible vaincre mon adversaire lors des 4 prochaines minutes de mon assaut à venir. Jusqu’à il y a peu, cette pratique nous obligeait de faire partie de la ffsavate (pour des raisons bassement matérielles d’assurances) car l’ASCA n’enseigne pas la canne de compétition. Entendons-nous bien, je n’ai aucune sympathie pour la ffsavate ni pour l’ufolep, je ne « roule » pour personne, et mon seul désir est de rencontrer le maximum de tireurs sur l’aire. D’autre part, il faut bien se rendre compte que la canne de compétition est à ce point marginal dans notre sport que lorsque j’ai commencé la canne il y a cinq ans, aucun des 4 clubs d’Ile de France (plus grosse région pourvoyeur de licenciés de canne*) ne dispensait cet enseignement.  Aujourd’hui les choses ont changé, deux nouveaux clubs ont fait leur apparition avec à leur tête des gens pratiquants et aimants la compétition. C’est une bonne chose car plus nous aurons de compétiteurs plus nos rencontres seront intéressantes et riche d’enseignement. Mais le départ de La Réunion entraine de facto le départ de nombreux tireurs-compétiteurs nous privant d’adversaires coriaces et intéressants, et ce pour quoi ? Pour un désaccord entre deux hommes. Nous voilà, nous tireurs, orphelins d’adversaires, et asphyxiés par notre propre sous-nombre juste parce que deux types n’ont pas pu s’entendre… Sérieux je rêve là ou quoi ? On parle de scléroser nos compétitions déjà marginales dans notre discipline pour que deux mecs puissent se détester tranquillement !  Et en plus on se croit assez malin pour prendre parti pour l’un ou l’autre !?!? Mais vous ne voyez pas qu’à faire ça on scie simplement la fragile branche sur laquelle on est assis ?

Quelques soit les griefs reprochés, quelques soit qui a raison ou tort, les seuls qui soient réellement pénalisés sont ceux qui n’ont rien à voir dans ce désaccord, les tireurs-compétiteurs, vous qui lisez ce texte et moi. Je peux vous garantir que je n’aime pas ça et que j’ai bien envie de leur balancer ma canne au travers la gueule à l’un comme à l’autre.

Soyons clair, aujourd’hui qu’est-ce que l’ufolep ou le cnccb ? Se sont deux machines à organiser des affrontements avec le moins de risques possible pour notre intégrité physique, basta. Tout le reste on s’en fout. Les clubs gèrent localement la canne loisir et le bâton à leur guise (et ça marche). Le seul intérêt de la fédération c’est de pouvoir organiser des rencontres dans un cadre connu de tous, rien d’autre. Si nous ne faisions que du loisir nous n’aurions même pas besoin d’organisme au-dessus de nos assoc respectives.

Mais en tant que compétiteur qui souhaite affronter d’autres tireurs que ceux de mon seul club je me pose beaucoup de questions. Faut-il donc, comme a décidé de le faire Vincent Chaigneau pour son club de Tours, rejoindre l’ufolep pour retrouver de nouveaux des adversaires ? Pourquoi pas… personnellement je ne suis pas contre et d’ailleurs je m’en fout tant qu’on me permet de continuer à tirer.

Mais aujourd’hui au sein du cnccb nous avons un cadre : un règlement, des juges arbitres et des formations de moniteurs normalement adaptés à la pratique sportive de notre discipline. Quid de l’ufolep ? A ma connaissance il n’y a pas de règlement de compétition ufolep. Qui seront les juges arbitres ? Comment auront-ils été formés, selon quel règlement ? Comment se dérouleront les compétitions ufolep ? Est-ce que les acrobaties vont pouvoir être à nouveaux exécutées, quelles tenues pour les tireurs, quel équipement ? Est-ce que l’ASCA va aligner de nouveaux tireurs dans les compétitions ufolep (au vu du nombre d’adhérent à l’ASCA qui doit être le plus gros club métropolitain, si ce n’est du monde, ce n’est pas une question anodine). Faudra t’il prendre une licence à La Réunion pour participer ? Mais surtout, La Réunion acceptera-t-elle que ses tireurs viennent affronter des clubs métropolitains ou bien souhaitent ils rester « entre eux » ? Quel sera l’organe de communication officiel des clubs et des adhérents ufolep ?

Bref, nous (je ?) sommes encore dans le flou de ces question qui j’espère trouveront des réponses rapidement.  Nous, tireurs, compétiteurs, entraineurs, la seule chose qui nous importe (et nous motive) réellement c’est de participer à des compétitions, si possible régulièrement, si possible pas trop loin de chez nous, si possible contre un nombre de tireurs variés dans leur style et leur approche de la canne. Nous voulons évoluer dans le cadre d’un championnat qui nous donne notre classement. Que ce classement reflète une réalité et que le nombre de tireurs engagés soit suffisant pour ça. Après, que ces compétitions soient organisées par schtroumpf à lunettes, schtroumpf grognon ou schtroumpf à moustache ce n’est pas mon problème. Faites le job, prenez vos responsabilités, tracez, arbitrez, jugez, organisez. Oui c’est un gros boulot, oui c’est un taf de merde, pas considéré, absolument pas rémunérateur et prenant.  C’est un boulot dans lequel on se fait plus facilement cracher dessus que féliciter. C’est surement dommage mais c’est ainsi. Vous avez choisi d’y être, moi pas. Donc, que vous soyez ufolep ou cnccb, il va falloir s’y mettre et nous proposer du sexy, venir nous draguer, nous brosser dans le sens du poil si vous souhaitez nous voir nous déplacer sur vos compétitions. Mais ce n’est pas en divisant le nombre de compétiteur, en nous obligeant à être multi-licencié et en ayant du multi-classement que ça marchera. N’oubliez pas que sans compétiteurs vous n’êtes rien, et on aura tôt fait de se débarrasser de la coquille vide que vous représenterez alors.

A nous diviser nous risquons simplement de tuer la canne de compétition et, avec elle, la grosse centaine de tireur-compétiteurs que ça intéresse vraiment, pour cantonner notre activité à la pratique loisir.  Mais après tout, perdre les compétiteurs ne changera probablement pas grand-chose à notre sport dont la majorité des acteurs ne s’intéressent absolument pas à ce pan de notre discipline.

Antoine,

Tireur et compétiteur bientôt sans adversaire.

Je ne vous remercie pas.

*partant du principe que je n’ai aucune idée du nombre de licenciés Réunionnais et aucune envie de rentrer dans une guerre de chiffre.

A lire également : http://putainpasencore.blogspot.fr/2013/03/la-canne-francaise.html

PS : Je modèrerai unilatéralement tout commentaire que j’estimerai trollesque. Que ceux qui viendraient pleurer leur droit de parole et de démocratie aillent le faire ailleurs, je m’en tamponne.

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50 Shades of Grey, un paradoxe français

Laissez moi, pour une fois, défendre le livre de la rentrée. Le prix littéraire des ventes que personne (ou presque) n’attendait. Je veux bien-sûr parler de 50 shades of Grey. Ce roman est surement le plus décrié depuis la création de l’imprimerie en France et je me suis quand même un peu demandé pourquoi.

Cela ne pouvait avoir de rapport direct avec la qualité d’écriture du roman car personne de ceux qui le critiquent ne l’ont lu. Et surtout on continue à vendre des caisses de SAS, San-Antonio et autre Arlequin sans que ça ne défrise le moindre poil de couille à quiconque.

A titre d’exemple, j’étais le week-end dernier aux Utopiales où lors d’une conférence Ayerdhal à parlé de « 50 merdes de gris ». J’ai trouvé ça hyper violent vis-à-vis d’une jeune auteure qui n’a certainement jamais rien demandé et surtout jamais imaginé, rêvé ou cauchemardé son propre succès. Mais nous vivons dans le pays de la culture et, à ce titre, nous avons droit de vie ou de mort sur les œuvres de l’esprit que nous estimons, à tort ou à raison, mauvaises.

A bien y réfléchir je pense que cette cabale injustifiée est avant tout liée à l’amateurisme de E.L. James. En France, pour être pris au sérieux, il faut être professionnel. Pour un auteur ça veut dire avoir reçu l’adoubement symbolique d’un éditeur qui lui seul à le pouvoir de sortir un auteur de son anonymat. Paradoxe donc quand E.L. s’est fait connaitre seule et uniquement grâce à sa plume.

Ne me faite pas dire ce que je n’ai pas écrit. Je reste persuadé qu’un livre correctement édité aura une qualité supérieure au même livre écrit par un auteur seul dans son coin. Qu’il sera mieux distribué et plus visible.

Mais, comme dirait mon ami Julien, en quoi est ce grave ? Si le texte est bon, pourquoi attendons nous de lui qu’il devienne très bon pour s’y intéresser ? Et après y avoir pensé depuis un bon moment, je crois qu’il a raison.

Les anglo-saxons ne se posent pas ce genre de problème. Ils consomment de la culture, ne font pas de différence entre ce qu’écrit un boucher dans son garage après sa journée de travail ou un universitaire en pleine recherche. Le seul but c’est le divertissement. Et, de fait, ils ont développés une vraie culture du fanzina et plus récemment du fanfiction avec des gens qui les lisent (et pas seulement la grand-mère de l’auteur) juste parce que ça leur plait (incroyable !).

Combien d’auteurs émergent-ils de ce terreau de fan-amateur ? Dans le milieu de la science-fantasy (seul domaine que je connaisse vraiment) on peut estimer que la majorité des auteurs anglo-saxons populaires ont étrennés leurs textes dans les magazines spécialisés avant de publier leur premier succès littéraire. Et quand ceux-ci deviennent connus, certains renvoient l’ascenseur et montent leur propre fanzine ou magazine en incitant leurs fans à écrire dedans (Anne Mc Caffrey pour ne donner qu’un seul exemple).

Nous, français, considérons E.L. James, devenue populaire grâce à ses fanfictions sur Twilight, comme un accident éditorial. C’est une grave erreur, si E.L. James a été connue c’est avant tout parce qu’elle écrivait des histoires sur internet. Que de tous les textes publiés sur internet les siens ont plu à une majorité de lecteurs. Et de surcroit, ces lecteurs n’avaient rien à faire de la qualité moyenne de son style, de ses fautes d’orthographes, de son vocabulaire jugé trop pauvre et aimait simplement ce qu’elle avait à raconter.

Il faut bien comprendre que personne à part nous ne s’en émeu. Mais en France, qui n’aura jamais envie de lire le livre d’un inconnu, jamais édité, non distribué et pas promu, aussi brillant ou (pire) divertissant soit-il ? Personne ! Nous, éditeurs, auteurs, libraires, critiques et même lecteurs méprisons ce qui n’a pas une forme professionnelle sans se soucier du fond du récit.

Une espèce qui ne se renouvelle pas est une race dégénérescente et condamnée. Nous avons oublié que les amateurs d’aujourd’hui sont censés devenir les professionnels de demain. En les méprisant nous tarissons ce qui fera le renouvellement de la littérature française. A force de trop promouvoir les écrits commandés auprès de vedettes, de sportifs, de stars de cinéma, de fils d’auteurs, d’amis d’auteurs ou d’amis d’éditeurs, nous fermons les portes de l’édition à des auteurs en devenir et conservons un monde d’écrivains élevés en vase clos qui n’ont de cesse de se reproduire entre eux. A trop vouloir préserver notre originalité nous finirons par produire une culture qui n’intéressera plus personne d’autre que ceux la créer.

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Pourquoi le Dark Knight Rise est une semi-merde*

*Ou l’art de nager à contre-courant

Au-delà du besoin d’expliquer, je vais aller jusqu’à vous démontrer en quoi le Dark Knight Rise est une semi-merde. Ce qui expliquera aussi, par la même occasion, pourquoi je ne décolère pas depuis mercredi dernier. Entendons nous bien, pour ces films on est surement dans la plus fantastique trilogie traitant des super-héros que le cinéma ait jamais connu. Et The Dark Knight Rise est bien meilleur que la très grande majorité des films de sa catégorie. Toutefois on ne critique vivement que ce qui nous plait ainsi que ce qui a pu générer une attente dont le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances. De ce point vue le film de Nolan est à la fois un grand film de super héros et le film qui m’a le plus déçu car j’en attendais beaucoup (trop ?). Explications, démonstration !

Après avoir tenté plusieurs fois d’expliquer le pourquoi du comment j’ai décidé de traiter le sujet par personnage avec pour chacun ses bons et ses mauvais côtés. Je vous épargne (gentiment) Marion *l’erreur de casting* Cotillard et le gentil flic John *sans intérêt* Blake qu’on surnommera Robin pour plus de lisibilité (et vlan le Spoil !).

A partir de là je ne réponds plus de rien concernant un éventuel spoil, vous êtes prévenu.

Catwoman : Le meilleur personnage du film, un vrai side-kick qui sait être ni ridicule ni passer pour un faire valoir. Avoir remplacé les oreilles de chat par les lunettes est une idée plus que brillante. Quelle bouffée de fraicheur d’avoir diminué l’aspect animal un peu complexe du personnage pour insister sur ses qualités de voleuses. La méchante chatte n’étant ici ramené qu’à un détail esthétique et bien porté. La narration et le traitement qui en a été fait est parfait. On la voit suffisamment pour comprendre ses motivations et ses actions sans pour autant remplacer le héros.  Je n’ai pas grand-chose à dire d’elle sauf qu’elle est juste et que Nolan n’aurait pas pu être meilleur. Casting, costume, psychologie, tout y est, du grand art.

Gordon : un peu pareil que Cat. Très bon casting, bon rôle, tient l’histoire à la hauteur de son personnage. Je ne développe pas plus car il y a pas mal à dire sur la suite (moins glorieuse). Mais c’est pour moi l’autre personnage clef de Nolan. Une vraie réussite qui ne fait que s’améliorer d’épisode en épisode (ce qui n’est pas le cas de tout le monde).

Alfred : bon là ça se dégrade un peu sans être une catastrophe. Je trouve qu’il manque d’humour pince-sans-rire et que sa perte de flegme tombe mal. Alfred c’est le loyal-con. Le mec payé une fortune pour obéir en toute circonstance et qui n’exprime son désarrois vis-à-vis des dérives psychologiques de Bruce Wayne que par sarcasme. On s’en éloigne avec l’Alfred du film mais bon on va dire que ça passe et si je n’avais eu que ça à dire sur le film ça aurait été du pinaillage. Vite la suite !

Bane : Le choix de Bane est absolument génial. C’est un personnage hyper charismatique, peu connu mais qui traîne la sulfureuse réputation d’être le premier à avoir vaincu Batman dans la version comics. Au passage, dans le livre, il lui brise la colonne vertébrale obligeant Bruce Wayne à des semaines de convalescence et une issue incertaine quand au retour du chevalier noir à Gotham. Dans la bande annonce du film on voit Bruce Wayne diminué psychologiquement, marchant avec une canne et là on se dit, « chouette ils ont gardé cette scène déterminante de la défaite pour le film ». Et ben non, le Bruce Wayne diminué est celui du début, qui a du mal à se remettre de l’épisode 2 et qui glande en peignoir en mode « bref j’ai fait une dépression » depuis sept ans. Sept ans ! Putain après sept ans vautré dans un canap et un genou en vrac, on ne fait pas de la varappe sur la façade d’un hôpital du jour au lendemain ! Mais admettons.

Ensuite l’idée de relier Bane à Ras’al Ghul, apparait comme une évidence tellement cela s’inscrit dans les gênes même de la trilogie. Et franchement avoir remplacé le Venom (qui donne sa force à Bane dans le comics) par l’entrainement de l’armée des ombres est même un plus.

En revanche pour l’idée du pit j’ai tout de suite senti comme un piège un con. Dans le film, Alfred explique que Bane est une sorte de mélange entre Conan et Ikki survivant d’un enfer sur terre. Soit… c’est pas orginial et même un peu pourrav mais s’il n’y avait eu que ça… Cela aurait pu lui donner un aspect mystérieux, un personnage venant d’un lieu étrange, une simple rumeur invérifiable, si Nolan ne nous l’avait pas montré !  Mais j’y reviendrais aussi.

Maintenant passons aux choses qui fâchent.

Bane est un terroriste, venant d’un pays d’orient, qui s’en prend aux banquiers. Il fait sauter des bombes, déclare la guerre à l’Amérique…  Putain mais ça ne rappelle rien à personne ?

Je veux bien croire que se ne soit pas facile à vivre tous les jours d’avoir subi les foudres d’une bande d’allumés de dieu qui tuent des milliers personnes en plein cœur de New York mais va falloir arrêter d’en foutre partout dés qu’on veut expliquer qu’un personnage de fiction est vraiment très très méchant. Et, en plus d’être devenu Ben Laden, Bane se mange aussi l’étiquette de pédophile, de meurtrier de traders et d’assassin de sportifs chantant l’hymne national (forcément des gens biens). Mais quel horreur ! Bane s’en prend à la bourse, au système capitaliste et au sport spectacle… Heureusement que nos amis américains sont là pour nous expliquer la différence entre le bien et le mal.

Doit-on forcément estimer que le spectateur soit aussi con ? Sans compter que ce genre de symbole parle surtout aux américains.

Bref, je commence à pleurer des larmes de sang mais mon calvaire ne fait pourtant que commencer.

J’enchaîne donc logiquement  sur Batman.

Batman : Là on touche au fond du problème. Batman est un personnage (presque) à part dans la galaxie DC au motif que c’est un homme (on ne va pas parler de Green Arrow sinon je vais devoir devenir méchant). Un simple humain hyper entrainé, fin stratège, très intelligent (surtout en déduction) mais sans pouvoir. De ce fait Batman est physiquement faillible et doit compenser. Si Bruce Wayne ne s’entraîne pas pendant sept ans il fait du gras, il en chie, il trouve ça dur de se prendre des coups de couteau, d’avoir un genou en vrac. Le masque lui sert aussi à cacher ce genre de faiblesses aux yeux de ses ennemis. Il n’est pas censé casser des murs à coup de pied après s’être foutu un pauvre strap en métal sur le genou ! A fortiori après 7 ans à jouer au backgammon.

Mais admettons, c’est un personnage de comics, passons sur ce point.

Dans le déroulement du film, Batman est enfermé dans le pit d’où vient Bane. C’est juste naze d’envoyer un mec se faire bronzer le cul au fond d’un trou (humour). Comme par hasard dans un pays oriental où les gens sont pauvres et s’habillent en toge et en sandales, bonjour le cliché…  mais on va dire que de payer un aller-simple à Wayne au bout du monde sans raison sert la narration.

Donc, pas con, après que le super-kiné-clodo lui ait appuyé sur une vertèbre et l’ai pendu à une corde, Batman retrouve toutes ses capacités de mouvement et sa fracture de colonne vertébrale n’est plus qu’un mauvais souvenir. Qu’est ce qu’on s’emmerde à passer des scanners, nous les civilisés qui portons des Nike plutôt que des sandales ?

Une fois Bruce guérit, il se lance dans le grand défi du coin et essaye d’escalader la paroi du pit dans lequel on l’a enfermé avec des clodos. Il se casse la gueule, mais comme il est assuré par une corde reliée tout en au haut du pit il ne meurt pas. Mais comment ça a pu passer ? Une horde de scénariste bosse sur le film, ils sont payés des millions, il y a les producteurs, le réalisateur, les assistants réalisateurs, les décorateurs et pas un de ses abrutis s’est dit « tiens mais si il montait à la corde plutôt que d’escalader  ce con de mur ? ». Allo, c’est Batman les gars, pas Bob l’éponge ! Il est capable de casser un mur avec un coup de pied mais ne sait pas monter à une saloperie de corde ? Et d’ailleurs sa prothèse en métal sur son genou ils en foutu quoi ? Bane dans son infinie bonté lui a laissé histoire de lui donner une chance de grimper ? Mais y a que moi qui fais des bons de 10 mètres de frustration là ? A croire que scénariste c’est juste un job d’été, à peine bon à occuper un stagiaire de collège pendant trois jours !

Et puis tant qu’on en est à brasser la merde, c’est quoi cette histoire de Pit ? Des mecs envoyés dans un trou, dont un vieux médecin sénile qui réalise un masque respiratoire hyper sophistiqué pour Bane avec pour seuls instruments chirurgicaux une corde et un vieux clou rouillé ? Mais c’est Mac Guyver ce type, il s’est trompé de série ! Que Bane a ensuite remercié en le laisser crever là (trop reconnaissant de lui avoir sauvé la vie) ? Mais merde ! Et encore je ne parle pas de mongoliens qui gueulent comme des putois à chaque fois qu’un type essaye de grimper. C’est tellement grotesque je me serai marré si je n’avais pas déjà été occupé à pleurer toutes les larmes de mon corps seul sur mon siège de cinéma.

AAAAAAAAAAAH ! MAIS MAIS MAIS… MEEEEEEERDE !

(pause d’écriture de 10 minutes, dit aussi ellipse pendant laquelle j’égorge des chatons que je donne à manger à des chauves souris carnivaures)

Bon ! Calmons-nous et revenons à notre chauve-souris.

Le chevalier noir n’aspire pas à la paix, c’est une machine de guerre qui marche en équilibre sur la frontière du bien et du mal, la franchissant parfois d’un côté comme de l’autre.  Sans ennemi Batman deviendrait certainement un danger pour la population et/ou ferait tomber Bruce Wayne en dépression (et non il ne va pas boire des capuccino au starbuck de la place St Marc). Il a besoin de Némésis pour exister. Le fait que Nolan maintienne Wayne en vie après sa trilogie et termine sur un happy end est à minima une faute de goût. Ca sent un peu la pression des producteurs qui ne voulaient pas que Nolan ferme définitivement la porte à une suite. Mais franchement n’aurait-il pas été beaucoup plus classe de terminer sur une conclusion noire à l’image des films et du héros ? Si j’avais dû écrire l’histoire j’aurai tué Bruce Wayne et laissé Robin reprendre le costume du Dark Knight, un peu comme une malédiction qui se transmet. On tue l’homme mais le symbole reste ; plutôt que de faire, comme Nolan, son insipide contraire.

Mais je crois que le pire, ce qui m’a vraiment achevé dans ce film, c’est d’avoir un Batman pro-ricain. Depuis le début des années 90 et la transformation du super détective en héros gothique (principalement sous l’impulsion de Franck Miller et d’Alan Moore), Batman est devenu un personnage universel. Il s’est arraché de son carcan de super-héros pour devenir un psychopathe avec un code moral. Batman a ses forces et ses faiblesses et évolue dans un univers noir (Gotham) rattaché à aucune réalité tout est l’étant à toutes. Que Superman ou Cap soient les ambassadeurs de l’Amérique triomphante, c’est normal, voir ils ont été fait pour. Que Batman, mon Batman, soit soudain devenu une sorte de soldat de la paix luttant de toutes ses forces contre une copie de Ben Laden, me désespère. Nolan a arraché mes rêves au batarang, il m’a privé de ce pourquoi j’aimais ce personnage et pour ça je le déteste.

Légende photo : Y a truc avec cette corde là quand il escalade, mais je ne vois pas quoi…

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Mickaël Vendetta, génie naïf

Je vais franchir ici et sous vos yeux un cap, que dis-je une péninsule, que nul autre doté d’un QI de plus de 50 n’a jusqu’à présent osé aborder. Tel Jacques Verges, je vais me faire l’avocat de celui qui semble être actuellement le plus détesté des français j’ai nommé, Mickaël Vendetta. En tout premier lieu et en guise d’introduction au sujet, je trouve étonnant qu’il soit à ce point haïs. Je suis bien souvent plus offusqué par les propos de dit « intellectuels » que par ceux d’un mec tellement bas de plafond qu’il aurait pu être pu être footballeur. Je trouve qu’il en a pris bien plus pour son compte qu’il n’aurait dû et je préfèrerai lire des articles qui s’indignent des propos et des agissements de tel ou tel politique plutôt que l’analyse de l’impacte de l’éventuelle expatriation de Vendetta en cas de victoire de la gauche. Mais j’imagine que pour un journaliste, il est plus facile de taper sur Simplet que sur Prof.

Plus j’entends parler de Mickaël Vendetta, plus je me dis que ce mec a compris quelque chose que tous les pubars de la terre rêvent de savoir maîtriser ; Vendetta ou le Saint Graal du buzz médiatique. Alors que la twittosphère, moi y compris, se déchaine une fois de plus au rythme des frasques journalières du jeune prétentieux, j’ai eu soudain comme une révélation. Mickaël est un génie naïf !

Je m’explique.

A la manière d’un Rain Man qui compte les cartes d’un sabot de blackjack, Mickaël Vendetta a un don pour faire parler de lui. Comme certains autistes, il réagit à l’impulsion et l’on s’aperçoit après coup que ses réactions agissent sur l’inconscient collectif au point de faire du buzz. Évidement rien n’est calculé et lui-même est incapable de formaliser un semblant de méthode. Toutefois, il faut bien reconnaitre qu’il manie avec une certaine habileté les médias qui lui offrent une tribune populaire permettant l’expression d’une ferveur qui ne se dément pas.

Nous étions pourtant nombreux à estimer que le phénomène ne durerait pas et que Vendetta se brulerait les ailes au jeu de la célébrité tel un mauvais boys-band des années 90 à lui tout seul. Pourtant, force est de constater que trois (quatre ?) ans après son premier skyblog le jeune loup est toujours là. Qu’à l’échelle d’un mec qui vit exclusivement des médias, d’internet et de la manipulation qu’il en fait, on peut considérer ça comme de la longévité et je pense qu’on est pas prêt de le voir disparaitre.

Imaginez bien que si un mec comme Christian Audigier (le mec qui a son nom tatoué sur le dos) a réussi à devenir milliardaire en vendant des sapes de mauvais goût aux américains, on peut facilement considérer que Vendetta a encore une bonne marge de progression devant lui.

Dire qu’il est idiot, on est tous d’accord, mais accepter que la connerie n’est pas un frein à la réussite et que cela puisse même en être un des vecteurs, c’est dur à accepter mais Mickaël en est pourtant l’exemple vivant. Ce garçon est ce que nous avons fait de lui et il incarne l’émanation des valeurs que notre culture souhaite défendre.

Si Mickaël porte de manière ostentatoire sur les photos de son site e-commerce une montre qui doit couter près de 20000 euros c’est pas pour mieux lire l’heure, c’est juste parce que certaines personnes sont capables de repérer ce genre de détails, qu’ils associent l’apparence à la réussite et la réussite à la respectabilité. Le jeu est ainsi fait, si tu es capable de signer tes chèques avec une plume Mont Blanc, d’avoir une montre qui vaut le prix d’une bagnole et de payer ta chambre d’hôtel avec une black card plutôt qu’avec ta « Visa-Electron La Poste » on va te prendre d’avantage au sérieux, quelque soit tes autres valeurs humaines.

On a beau considérer que Vendetta est le chaînon manquant entre l’amibe et l’humain, on doit bien reconnaitre qu’avec son attitude prétentieuse, il s’est toujours arrangé pour se présenter baignant dans les signes extérieurs de richesses qui lui ont finalement donné une crédibilité qu’il n’aurait peut-être jamais acquise sinon.

Ainsi le fric appelle le fric et que se soit dans le spectacle, le sport ou le business, le meilleur moyen de gagner de l’argent est encore de faire croire que tu en as. Merci Mickaël pour la leçon, moi, je saurai m’en souvenir.

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Engager une reconversion réussie (en politique)

En ces périodes de crise, de hausse du chômage et de précarité pour beaucoup de nos concitoyens, je m’étonne qu’il existe une catégorie de personne n’ayant apparemment aucune difficulté à se reconvertir dans un nouveau travail. Et oui, en France en 2012 il y a encore des gens venant d’un milieu professionnel à part qui dénichent un poste de direction extrêmement lucratif comme on claque des doigts ; et le pire, c’est que vous les connaissez tous !

Parfois, quand je m’ennuie, je recherche ce que sont devenus certains décideurs politiques dont on entend plus parler (pas de commentaire sur la nature de mes passe-temps, merci). Et là on découvre que tous les tocards qui n’ont jamais passé le barrage d’une élection ne sont pas abattus et transformés en steak à la manière d’un cheval de courses mais qu’au contraire ils sont bien vivants et continuent d’agir au sein de grandes entreprises.

Qu’ils aient dénoncé « le système », qu’ils aient commis de graves erreurs stratégiques au nom de leur politique, qu’ils aient assoupli la démocratie pour leurs besoins ou réalisé des abus de pouvoir, qu’ils aient même été condamnés par la justice ou qu’ils aient été proches de mouvements  dictatoriaux, ces gens là n’ont étrangement aucun mal à retrouver du travail.

Imaginez, vous bossez pour une grande entreprise française et, un jour, on vient vous expliquer que vous aller avoir un nouveau chef, ça arrive. Par hasard ça tête vous dit quelque chose et soudain vous vous souvenez que le type qui va venir vous expliquer comment travailler a été condamné pour détournement de fonds publics… De tous les mecs de la terre qui cherchent un boulot on choisit celui qui a été condamné pour avoir volé l’argent de nos impôts à son profit !!! Sérieusement vous ne trouvez pas qu’il y ait comme un raté dans l’énoncé ?

Si tous les taulards trouvaient du boulot aussi rapidement que nos repris de justice politique, les prisons deviendraient rapidement la solution à tous nos problèmes de chômage. On pourrait alors fermer le Pôle-emploi et reclasser tous les conseillers matons (ça ne les changerait d’ailleurs pas tant que ça).

Je ne sais pas pour vous mais pour moi, là, je me dis qu’il y a là-dedans une histoire qui pue salement du cul. Vous me direz, plus c’est gros, plus ça passe. Et en effet, et j’ai eu beau chercher, je peux vous dire qu’il n’y a aucune enquête journalistique sérieuse traitant des reconversions farfelues de nos anciens dirigeants politiques.

Alors certes de temps en temps on entend parler d’un rapport de 36 pages payé plus de 30000€. A raison de 700 mots par pages ça fait 1,20€ le mot ! Je ne suis même pas sûr que Marc Levy puisse se vanter d’un tel rendement. Mais ça reste uniquement dans le cadre de financements publics. A partir du moment où tout ça reste au sein d’une entreprise privée, pas un mot.

Nos journalistes estiment que lorsqu’un politique se retire de ses fonctions publiques toute cette nouvelle vie tombe immédiatement dans le domaine privé. Et quand une ancienne ministre, ignare en matière de nouvelles technologies, se retrouve dans le petit cercle des hauts dirigeants d’une entreprise de télécommunication détenue en partie par l’Etat, c’est du domaine privé bien sûr…

Quand un ancien leader politique extrémiste trouve du jour au lendemain un boulot à l’étranger dans une grande entreprise française du BTP dont lui-même dénonçait les « dérives du patronat vis à vis des grands partis » quelques années plus tôt c’est évidement pour ses compétences…

Quand l’une des plus grosses agences en conseil et communication politique est dirigée par une ancienne encartée nationaliste, c’est un hasard… C’est sûr que lorsqu’on est un professionnel de la politique on a naturellement envie de faire confiance à l’entreprise d’une personne dont on a toujours combattu les idées politiques.

Il existe là un lien trouble que j’ai du mal à discerner mais qui de fait existe et sur lequel je pense qu’on devrait s’attarder un peu plus surtout en ces périodes électorale où, pour une fois, l’ouvrir sert peut-être un peu plus à quelque chose.

EDIT du 16/04/2012 : On continue dans les reconversions de la honte avec ce nouveau décret qui va permettre aux députés de se découvrir une nouvelle vocation à l’image de notre président, avocat.

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Pour toi, Wannabe

Le wannabe de l’écriture est un petit être sensible à l’ego démesuré qui rêve d’une chose : être publié.

Petit wannabe à la recherche de gloire, avant de te révéler ici tous mes petits secrets sache que tu as choisi l’activité artistique la moins rentable du petit monde de l’art. A part à écrire directement en anglais (et encore) sache que n’importe quel acteur un peu connu gagnera toujours dix fois plus que toi, même pour un rôle minable. Toujours prêt à bouffer des patates toute ta vie (où d’avoir un vrai métier à côté) ? Ok c’est parti.

Partagé entre ses envies personnelles et son ambition, le wannabe fouille le net pour réunir les conseils nécessaires qui fera de lui le nouveau Fred Beigbeder. Dans ma croisade de défense du bon goût et de l’intelligence critique je vais donc me fendre d’un billet de conseils (un peu chiant) basé sur mon expérience qui vaut bien celle des autres (si ça peut aider).

Tout a commencé en lisant ça (italique utilisé pour appuyer ma notion de dégoût) : http://www.enviedecrire.com/faut-il-suivre-des-regles-d%E2%80%99ecriture-marianne-jaegle/

Je vous résume pour gagner du temps : « dans l’écriture il n’y a pas de règle, chacun s’applique celles qui conviennent le mieux à son style ». C’est FAUX ! Marianne Jaeglé a beau être « écrivain et animatrice d’atelier d’écriture » et moi prof de Street Fighter 4, elle écrit une belle connerie ; démonstration !

Quand on a la chance d’être, comme moi, publié (achetez mon livre ici). On apprend une règle qui doit être celle de tout auteur : un livre est fait pour être lu ! Ca parait con à dire comme ça ? C’est pourtant bien souvent un élément oublié de tous, lecteurs exceptés.

Un livre fait pour être lu doit donc respecter un certain nombre de règles avec lesquels on ne peut pas transiger et qui sont les même pour tous : avoir une orthographe parfaite, utiliser le vocabulaire adéquat, exprimer correctement à l’écrit ce que l’on a en tête. Ben oui une faute heurte la lecture et peut casser le rythme du plus beau des textes. De même que l’utilisation du bon mot est essentiel, ne pas dire train quand on veut dire locomotive. Enfin n’utilisez les ellipses que lorsque vous êtes certains qu’elles seront comprises.

Par conséquent faites relire vos textes. L’écriture est un travail plus collectif qu’on ne le pense. Quand vous n’avez pas de correcteur pro à disposition, ayez un comité de relecteurs fidèles mais intransigeant. Posez-leur des questions sur votre propre texte pour savoir ce qu’ils en ont compris (je vous jure que vous aurez parfois d’énormes surprises). Ne vous arrêtez jamais à un seul avis, SURTOUT si c’est le votre où celui de votre mère.

Enfin beaucoup d’auteurs amateurs se plaignent que les éditeurs ne publient que des gens qu’ils connaissent. Et bien c’est VRAI ! Quand un éditeur investit 40000€ ou 50000€ (relecture, maquette, impression, stockage, livraison, administratif divers, avances de droits…) sur un auteur, que statistiquement il a une chance sur 1000 de simplement rentrer dans ses frais, il préfère se faire plaisir et publier des gens qu’il connait et qu’il apprécie humainement plutôt que l’inconnu du coin de la rue. C’est con, mais c’est comme ça. Si on veut être publié il faut accepter cette règle et s’y soumettre. Ca implique de connaitre, rencontrer, serrer des mains, fréquenter les bonnes personnes et être là au bon moment au bon endroit. Il faut devenir le commercial de soi-même et c’est certainement la partie la plus difficile car la plus antinomique avec la nature même de l’auteur. Se faire connaitre demande beaucoup d’énergie et de travail. Il vaut toujours mieux un texte moyen présenté de vive voix aux bonnes personnes, qu’un texte exceptionnel envoyé par la poste. Chose que je résumerai donc ainsi : le réseau, le réseau et encore le réseau.

Désolé à mes lecteurs habituels pour cette digression un peu trop sérieuse et sans intérêt pour qui n’est pas de la partie, mais j’avais envie de mettre les choses au clair en me désolidarisant de ces pseudo-écrivains/prof d’ateliers/vendeur chez Bata (parce qu’il faut bien payer le loyer) qui polluent le net de leurs conseils hypocrites et sans intérêts.

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19/03/2012 · 10:59